Le groupe Air France va supprimer 7.580 postes d'ici fin 2022

Plus de 200 salariés et des élus locaux rassemblés devant le site Hop! de Morlaix pour protester contre la fermeture programmée du site

Air France : Mille emplois menacés chez Hop !, colère à Nantes et à Morlaix

Durement touché, le groupe Air France compte supprimer des milliers de postes dans la compagnie Air France et la filiale régionale Hop! d'ici fin 2022, selon sa direction à l'issue de réunions avec les représentants du personnel des deux compagnies.

"Les besoins sont en forte baisse sur l'ensemble de la période en lien avec la chute d'activité et la nécessité d'accélérer la transformation de l'entreprise ", explique la direction dans un document consulté en amont d'un comité social et économique central (CSEC) prévu vendredi 3 juillet chez Air France.

Il explique vouloir entamer une "transformation (qui) repose principalement sur le changement de modèle de son activité domestique, la réorganisation de ses fonctions support et la poursuite de la réduction de ses coûts externes et internes".

Ces suppressions de postes représentent 16% des effectifs d'Air France et 40% de ceux de Hop!.

Les suppressions de postes, exprimées en CDI ETP (équivalents temps plein), devraient passer par des départs naturels non remplacés (environ 3 500 sur 41 000 chez Air France) et par des départs volontaires pour l'essentiel, même si, de mêmes sources, des départs contraints ne sont pas exclus pour le personnel du réseau court-courrier. La situation est plus tendue sur le réseau court-courrier où la direction envisage des licenciements secs si les départs volontaires ne sont pas suffisants.

Air France, Hop: deux CSE le même jour!

Dans un message adressé aux salariés obtenu par l'AFP, le patron de la compagnie a souligné "le caractère exceptionnel de la crise".

L'État français, actionnaire d'Air France-KLM, a apporté un soutien financier de 7 milliards d'euros au groupe franco-néerlandais, dont 4 milliards de prêts bancaires garantis et 3 milliards de prêt direct, en lui demandant d'améliorer sa rentabilité et son impact environnemental. Au siège social de la compagnie, à Roissy, ils étaient ainsi une centaine, pilotes, mécaniciens ou ouvriers de maintenance, à dire leur colère contre ce plan de restructuration " insupportable ". Le grillage de la vaste entrée du siège de la compagnie aérienne a été recouvert par de nombreuses affiches clamant "Nos vies valent plus que 7 milliards" ou "Air France veut nous tuer".

Chez Air France, la direction souhaite régler rapidement la question du sureffectif au sein du personnel navigant en négociant des ruptures conventionnelles collectives (RCC). Un site qui existe depuis 1997, et a déjà connu plusieurs " pavillons " avant d'intégrer le groupe Air France.

Les coupes sont encore plus drastiques au sein de la filiale régionale Hop!. Seul le secrétaire (CGT) du CSE s'y est rendu afin d'obtenir la nomination d'un expert.

Selon plusieurs sources, les sites de maintenance de Hop! à Morlaix et Lille sont menacés de fermeture, tout comme une base de personnel navigant Air France à Toulouse. Un rassemblement de 150 à 200 personnes a également eu lieu sur le site breton, qui en emploie environ 300 et doit fermer d'ici 2023.

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