5G de Huawei : les nouvelles mesures de la France

Image: Omid Armin  Unsplash

Image: Omid Armin Unsplash

Poupard a rajouté: " Pour ceux des opérateurs qui utilisent déjà des équipements de Huawei, nous délivrons des autorisations pour des durées qui varient entre trois et huit ans ".

"Les décisions sont prêtes", a déclaré M. Poupard, confirmant une information de l'AFP mardi selon laquelle ces décisions n'attendent plus que d'être signées par l'exécutif.

" Il n'y aura pas de bannissement total de Huawei dans le déploiement de la 5G en France mais les opérateurs qui n'utilisent pas le géant chinois des équipements télécom devraient continuer sur la même voie ".

Ces décisions, qui vont bien au-delà du simple aspect industriel, interviennent sur fonds de tensions diplomatiques persistantes entre Washington et Pékin: les Etats-Unis font en effet pression sur leurs alliés pour qu'ils bannissent Huawei pour raison de sécurité, invoquant sa proximité avec le gouvernement chinois.

La décision de la France de restreindre fortement les autorisations d'exploitation des opérateurs partenaires du groupe Huawei a déplu à la Chine.

Pour apporter des premiers éléments de réponse sur une présence ou non de Huawei autour de l'installation de la 5G, l'Agence nationale de sécurité des systèmes informatiques (Anssi) affirme qu'un bannissement total n'est pas envisagé. Dans ses propos de dimanche dernier, Poupard na toujours pas précisé sur quels types déquipements sappliqueront ces restrictions. "Il faut développer la 5G dans des conditions économiques acceptables pour les opérateurs télécoms et aussi souveraines, qui nous permettent de ne pas être dépendants de tel ou tel équipement ou pays", a expliqué le directeur de l'Anssi.

"Nous sommes dans une gestion de risques". Je ne cite pas de nom, mais il est clair que l'on n'est pas dans les mêmes risques quand on parle d'équipements chinois ou américains. "Nous sommes prudents vis-à-vis des équipementiers non-européens, évidemment, tout comme nous le serions aussi, par exemple, si tous les opérateurs avaient recours au même équipementier, même s'il était français, ce serait catastrophique", a détaillé Guillaume Poupard.

Toutefois, en France, il est difficile de prendre une telle décision sans léser quelques opérateurs qui travaillent avec l'équipementier depuis plusieurs années. "En référence à l'incident SFR du site de la Défense dans une phase de test ou on découvre que le flux de données est renvoyé en Chine, ou aux Pays-Bas qui accusent Huawei d'un vol massif de données (Le Monde du 16 mai 2019), c'est un non-sens de privilégier un acteur extra continentale alors que pour une fois l'Europe détient une technologie de qualité pour imposer son indépendance." déclare Frans Imbert Vier, expert franco-suisse en souveraineté des données.

Outre le débat sur Huawei, le déploiement de la 5G suscite également des interrogations sur son impact sanitaire.

Dernières nouvelles