Mort de Gisèle Halimi, grande figure du féminisme, à 93 ans

L’avocate et figure féministe, Gisèle Halimi, est décédée à l’âge de 93 ans

Décès à 93 ans de l'avocate et figure féministe Gisèle Halimi

"Aujourd'hui j'ai gagné mon premier petit bout de liberté ", disait-elle.

Parallèlement à sa carrière d'avocate, elle a mené une carrière d'écrivain.

Ses combats ont été à plusieurs reprises portés à l'écran, dans des téléfilms dont "Le procès de Bobigny" (2006), avec Anouk Grinberg, et "Le viol" (2017), avec Clotilde Courau. Un affront pour cette femme de poigne qui réplique, cinglante: "Appelez-moi Maître, monsieur le Président!" Dans les années 1950, elle défend l'indépendance du pays qui l'a vu naître, la Tunisie, ainsi que celle de l'Algérie. Une chose est sûre c'est que le nom de Gisèle Halimi n'est pas inconnu dans le département. En 1960, elle a assuré la défense de Djamila Boupacha, militante du Front de libération nationale algérien, accusée d'avoir déposé une bombe à Alger, violée et torturée pour lui arracher des aveux. Un an plus tard, toutefois, en 1962, elle obtient que la jeune femme soit amnistiée et libérée, dans le cadre des accords d'Évian.

Féministe, elle signe en 1971 le Manifeste des 343, parmi 343 femmes qui déclarent avoir avorté et réclament le libre accès aux moyens contraceptifs, dont l'avortement libre. "Grâce à ce procès de Bobigny, elle a permis une prise de conscience de la population". En plus d'obtenir six et quatre ans de prison pour les trois auteurs des agressions sexuelles, l'avocate change le regard que la société porte sur le viol. Cette affaire a fait l'objet d'un téléfilm diffusé sur France 3, réalisé par Alain Tasma et porté par Clotilde Courau en 2017, Le Viol. Enfermée dans son rôle féminin, la femme ne mesure pas à quel point son oppresseur est lui-même prisonnier de son rôle viril. Elle lutte pour le remboursement de l'IVG, voté en 1982, puis devient ambassadrice de l'Unesco, de 1985 à 1986. Elle est à l'origine du mouvement féministe " Choisir la cause des femmes ".

Une pluie d'hommages lui est rendue sur le réseau social, la ministre de la Culture Roselyne Bachelot saluant une "avocate infatigable des droits de femmes, magnifique écrivaine, militante déterminée", tandis que sa collègue déléguée à l'Egalité femmes-hommes Elisabeth Moreno a distingué une "rebelle infatigable (qui) s'est battue toute sa vie pour améliorer le sort des femmes".

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