"Quand j'entends le mot 'violences policières'… je m'étouffe" — Gérald Darmanin

Gérald Darmanin mercredi à Chambord

Gérald Darmanin mercredi à Chambord

" Quand j'entends le mot 'violences policières', moi personnellement, je m'étouffe ", a dit Gérald Darmanin". "Il peut y avoir des dérives, qu'on doit sanctionner et je pense que le gouvernement les sanctionne et s'il ne le fait pas, la presse, les syndicats, les parlementaires rappellent à la hiérarchie policière, au ministre de l'Intérieur, ce qu'il doit faire et c'est bien légitime", a-t-il estimé.

Ces dernières semaines, les "violences policières" ont régulièrement été dénoncées lors de marches en hommage à Adama Traore, George Floyd ou Cédric Chouviat, décédés lors d'interventions des forces de l'ordre.

"D'évidence, le ministre de l'Intérieur n'a pas hésité par cette saillie abjecte à tenter une pathétique manœuvre de diversion. La famille Chouviat invite le ministre à se concentrer sur l'affaire criminelle dans laquelle il est mis en cause", poursuivent les avocats, une référence à l'information judiciaire en cours visant M. Darmanin après une accusation de "viol" qu'il réfute.

Classée sans suite dans un premier temps, la procédure a été relancée par la cour d'appel de Paris qui a demandé début juin de nouvelles investigations.

"C'est une expression française utilisée communément, comprise par tous. Il ne s'agit en aucun cas d'un parallèle dans une affaire où des mises en examen ont été prononcées". Devant la commission des lois de l'Assemblée nationale, le ministre de l'Intérieur a réfuté le terme de "violences policières".

"La police exerce une violence certes mais une violence légitime".

"Quand j'entends le mot 'violences policières' personnellement je m'étouffe", a déclaré le ministre de l'Intérieur. Après, elle doit le faire de manière proportionnelle, elle doit le faire de manière encadrée. Une sanction s'applique cependant lorsqu'elle est faite en dehors des règles déontologiques. Pour rappel, le 3 janvier, à Paris, cet homme de 42 ans, menotté et plaqué au sol sur le ventre par au moins trois policiers, avait crié à sept reprises "j'étouffe" avant de succomber. Transporté dans un état critique à l'hôpital, il était mort le 5 janvier.

De nombreux responsables politiques de gauche ont également dénoncé les propos du ministre de l'Intérieur.

Pour le ministre, le terme "violences policières" est "antinomique". Et plus que le fond du message, ce sont les mots choisis qui font polémique.

"Reprendre les mots des victimes, les détourner puis les retourner contre elles".

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