Trump annonce réimposer des droits de douane sur l'aluminium canadien

PRESSE CANADIENNE La vice-première ministre canadienne Chrystia Freeland

PRESSE CANADIENNE La vice-première ministre canadienne Chrystia Freeland

L'administration Trump avait suspendu ces droits de douane de 10% sur les importations d'aluminium en provenance du Canada il y a plus d'un an.

La vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland, a déclaré jeudi soir que la décision de M. Trump "est injustifiée et inacceptable".

"Les droits de douane sur l'aluminium fabriqué au Canada sont la +solution+ de Trump à un problème qui n'existe pas", a fustigé Jerry Dias, président d'Unifor, premier syndicat du secteur privé du Canada, priant le Premier ministre canadien de riposter avec des mesures "sévères". Il a notamment cité les conflits avec la Chine, le nouvel accord de libre-échange nord-américain et le recul du gouvernement canadien sur les produits laitiers.

"Non seulement les libéraux de Trudeau n'ont pas réussi à négocier les mêmes règles d'origine favorables pour l'aluminium, comme ils l'ont fait pour l'acier dans l'Accord Canada-États-Unis-Mexique, mais ils n'ont pas tenu leur promesse de remettre tout l'argent découlant des tarifs américains précédents à l'industrie canadienne", a-t-on précisé.

De son côté, la Chambre de commerce du Canada a soutenu que "les exportations canadiennes d'aluminium ne représentent absolument aucune menace pour la sécurité nationale des États-Unis", expliquant qu'au contraire, "l'aluminium canadien constitue un élément essentiel de la base industrielle de défense américaine et joue par conséquent un rôle essentiel dans nos objectifs communs de défense et de sécurité".

Mme Freland a fait savoir que "le Canada a [vait] l'intention d'imposer rapidement des contre-mesures de valeur égale".

Pour leur part, les conservateurs disent ne pas avoir "confiance à la capacité de ce gouvernement libéral de défendre [l'] industrie de l'aluminium". L'aluminium canadien renforce la sécurité nationale des États-Unis depuis des décennies dans le cadre d'une coopération inégalée entre nos deux pays.

Donald Trump avait déjà imposé des taxes sur l'aluminium canadien entre mai 2018 et mai 2019.

Le syndicat des Métallos a fait écho aux demandes de représailles. "Il est maintenant temps pour le Canada de défendre les travailleurs canadiens de l'aluminium".

Au Bloc québécois, on a invité Ottawa à imposer immédiatement des contre-tarifs douaniers et la mise en place d'une aide immédiate au secteur. "Il faut aussi développer le marché intérieur en favorisant la transformation", a déclaré le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, par communiqué.

De son côté, le Parti conservateur a préféré s'en prendre à Justin Trudeau plutôt qu'à Donald Trump. "Le gouvernement Trudeau met le Canada dans une position plus faible pour contester ces tarifs en raison des concessions faites lors de la dernière ronde de négociations commerciales".

Au début de juillet, le premier ministre Trudeau avait demandé au président américain d'y réfléchir à deux fois avant d'imposer de nouveaux tarifs sur l'aluminium canadien. Il avait alors plaidé que les alumineries canadiennes, ralenties par la pandémie, reviendraient bientôt à la production d'aluminium spécialisé, à valeur ajoutée, pour le secteur automobile américain.

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