Explosions à Beyrouth: La ministre de l'Information démissionne

Liban la ministre de l’Information démissionne

Explosion à Beyrouth : Première démission d'une ministre après la catastrophe

La ministre de l'Information libanaise, Manal Abdel Samad, a annoncé ce dimanche qu'elle quittait le gouvernement, première démission du genre après l'explosion sur le port de Beyrouth qui a traumatisé l'opinion publique et alimenté la colère contre l'incurie des dirigeants.

Un premier ministre a démissionné dimanche au Liban, où le gouvernement est confronté à la pression accrue d'une population accablée et furieuse, cinq jours après la gigantesque explosion de Beyrouth qui a fait au moins 158 morts et des milliers de blessés.

"Je m'excuse auprès des Libanais, nous n'avons pu répondre à leurs attentes", a-t-elle déclaré devant la presse. Sa décision intervient au lendemain de manifestations dans la capitale libanaise.

Chômage, services publics en déliquescence, difficiles conditions de vie: un soulèvement avait éclaté le 17 octobre 2019 pour réclamer le départ de toute la classe politique quasi-inchangée depuis des décennies.

Dimanche, des appels sur les réseaux sociaux ont appelé à des rassemblements dans l'après-midi sur l'emblématique place des Martyrs, au cœur de Beyrouth sinistrée. Mais la crise économique s'est aggravée et un nouveau gouvernement mis en place a été contesté.

Des groupes de protestataires avaient alors brièvement pris d'assaut les ministères des Affaires étrangères, de l'Economie, de l'Energie, ainsi que l'Association des banques.

Des milliers de Libanais se sont rassemblés place des Martyrs, brandissant balais et pelles, à l'heure où c'est la population elle-même qui mène les opérations de nettoyage, le gouvernement n'ayant pris selon elle aucune mesure pour lui venir en aide. Ils ont brandi des potences de fortune symbolisant la rage à l'égard des dirigeants. Mais le patriarche maronite Béchara Raï, qui jouit d'une importante influence, a demandé la démission de tout le gouvernement, évoquant un "crime contre l'humanité". Les forces de l'ordre ont tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc face aux manifestants qui ont répliqué avec des jets de pierre. Selon la Croix-Rouge, plus de 230 personnes ont été blessées. Il faut "en raison de sa gravissime responsabilité, avoir la démission du gouvernement tout entier (.)" et des élections anticipées.

Pour tenter d'apaiser la colère de la rue, Hassan Diab a annoncé qu'il proposerait des législatives anticipées et s'est dit prêt à rester au pouvoir "pendant deux mois", le temps que les forces politiques s'entendent.

En attendant les résultats de la visioconférence internationale de soutien, plusieurs pays continuent d'envoyer des aides au Liban. La France a mis en place un "pont aérien et maritime" afin d'acheminer plus de 18 tonnes d'aide médicale et près de 700 tonnes d'aide alimentaire.

A la visioconférence internationale, avec la participation de l'Américain Donald Trump et d'une quinzaine de chefs d'Etat et de gouvernement, M. Macron a exhorté les autorités libanaises à "agir pour que le pays ne sombre pas" et réitéré une "offre d'assistance" pour "une enquête impartiale, crédible et indépendante" sur les causes de la catastrophe.

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