Après le drame, la colère gronde à Beyrouth — Liban

Beyrouth des Libanais en colère se préparent à manifester pour demander des comptes

Liban : après le drame, la colère gronde à Beyrouth

Cinq jours après l'explosion sur le port de la capitale, qui a fait au moins 158 morts et 6.000 blessés et creusé le fossé entre une partie de la population et la classe politique, accusée de négligence, d'incurie et de corruption.

"Les pays réunis ont annoncé que cette aide serait versée " directement " à la population et dans " la transparence ". "Tout le monde veut aider", a tweeté le président américain Donald Trump. Les pays du Golfe ont également ouvert leur portefeuille, à l'image du Qatar qui a promis 50 millions de dollars. "Cette aide bénéficiera aux personnes les plus touchées afin de couvrir les besoins essentiels", a précisé la Commission européenne.

Pour l'heure, l'aide humanitaire au Liban reste la priorité alors que le bilan toujours provisoire continue à évoluer. Le président français a fait état dans ce cadre de quatre créneaux jugés prioritaires au niveau de l'aide d'urgence: "la santé, compte tenu de la destruction d'un certain nombre d'hôpitaux, la reconstruction des habitations soufflées par l'explosion, la réhabilitation des écoles dont un grand nombre a été également sérieusement endommagé, voire démoli, ainsi que l'alimentation du pays, étant donné que l'importation de produits alimentaires va être affectée par la destruction". Il a été rapporté dans le " Evening News " qu'Israël avait transmis aux représentants de la France et de Chypre des propositions supplémentaires pour le transfert de matériel médical et d'assistance au Liban. Le Liban est plongé depuis des mois dans une très grave crise économique, marquée par une dépréciation inédite de sa monnaie, une hyperinflation, des licenciements massifs et des restrictions bancaires drastiques. Hier, samedi, une immense foule s'est retrouvée dans les rues de Beyrouth pour contester le pouvoir en place. Menés par des officiers à la retraite, des manifestants ont pris d'assaut le siège du ministère des Affaires étrangères, le proclamant "quartier général de la Révolution".

Pour la présidence française, les manifestations "témoignent de l'exaspération, de la détresse de la population, du besoin que les choses changent".

Ils ont aussi insisté sur la nécessité d'une "enquête impartiale, crédible et indépendante" sur les circonstances de la catastrophe et proposé une assistance aux autorités libanaises.

Le président libanais Michel Aoun a rejeté les appels à une enquête internationale sur l'explosion. Paris en revanche a estimé qu'il y avait "suffisamment d'éléments objectifs pour penser que l'explosion est accidentelle".

Dernières initiatives en date, le gouvernement canadien a annoncé samedi le lancement d'un fonds de secours pour le Liban et appelé les Canadiens à la générosité.

La France a mis en place un pont aérien et maritime qui permettra d'envoyer plus de 18 tonnes d'aide médicale et près de 700 tonnes d'aide alimentaire.

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