Arrestation de Jimmy Lai, figure de la contestation contre Pékin — Hong Kong

HONG KONG ARRESTATION DU PATRON DE PRESSE ET ACTIVISTE JIMMY LAI

HONG KONG ARRESTATION DU PATRON DE PRESSE ET ACTIVISTE JIMMY LAI

A la mi-juin, deux semaines avant l'imposition de la nouvelle loi sur la sécurité nationale, Jimmy Lai déclarait à l'AFP qu'il s'attendait à être arrêté.

"Ces agitateurs antichinois de concert avec des forces étrangères ont gravement mis en danger la sécurité nationale", "Jimmy Lai est l'un de leurs représentants", a déclaré dans un communiqué le bureau chinois chargé de suivre la situation à Hong Kong et à Macao. Peu après, des dizaines de policiers hongkongais ont réalisé une perquisition dans les locaux du quotidien Apple Daily, qui lui appartient. "Ce jour est venu". Les Etats-Unis avaient justifié leur décision en accusant les responsables hongkongais de restreindre l'autonomie du territoire et " la liberté d'expression ou de réunion " de ses habitants.

Le magnat de 71 ans, le seul à oser critiquer Pékin, avait alors ouvert un compte sur Twitter et même proposé une version en anglais de son quotidien en chinois afin d'alerter sur les risques de la nouvelle législation préparée par Pékin.

" Ils l'ont arrêté chez lui vers 7h du matin heure locale [minuit TU]".

La Chine a salué cette arrestation. En fin de matinée, des dizaines de policiers se sont présentés au siège, situé dans une zone industrielle du quartier de Lohas Park (sud-est). Des journalistes d'Apple Daily ont diffusé en direct sur Facebook les images de cette perquisition. Lors de la conférence de presse organisée sur place par la police, seuls les médias "n'ayant jamais fait obstruction au travail de la police" ont été autorisés.

Le groupe de presse a été perquisitionné au nom de la loi controversée sur la sécurité. Selon ce proche collaborateur de Jimmy Lai, d'autres membres de son groupe de presse ont eux aussi été arrêtés. Il disait craindre que les autorités poursuivent ses journalistes.

Nombre de militants pro-démocratie dénoncent un texte liberticide qui vient en finir avec le principe "un pays, deux systèmes " qui avait présidé à la rétrocession en 1997". Pour Maya Wang, chercheuse à Human Rights Watch, "ces arrestations montrent à quel point Hongkong a perdu de libertés et elles visent également à éliminer l'un des rares et influents organes de presse indépendant en langue chinoise restant dans le monde sinophone".

Autre arrestation symbolique, celle Agnes Chow, une des figures de proue du mouvement pour la démocratie à Hongkong, interpellée lundi avec neuf autres personnes en application, elle aussi, de nouvelle la législation sur la sécurité nationale. Il avait alors balayé les accusations de collusion, expliquant que les Hongkongais avaient le droit de rencontrer des hommes politiques étrangers. Les journalistes hongkongais n'ont pour l'heure pas besoin de visa spécifique ni besoin de voir leur fidélité au régime testée, contrairement à ce qui se fait en Chine continentale. Les tensions croissantes entre Washington et Pékin font par ailleurs redouter que les visas de journalistes ne deviennent "une arme" diplomatique, comme le craint le Club des correspondants de la presse étrangère.

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