Suez juge l'offre non sollicitée de Veolia porteuse de grandes incertitudes

Environnement : Veolia se lance à la conquête de Suez

Le géant du traitement de l'eau et des déchets, Véolia, veut s'emparer de Suez

Le rachat de l'ensemble est estimé à quelque 10 milliards, auxquels s'ajoute la dette de Suez. Sans même attendre le résultat de cette revue, Veolia tend la main à Engie en proposant de lui racheter 29,9% du capital de Suez (Engie détenant 31,7% au total). Si cette transaction aboutit, Veolia a l'intention de déposer par la suite une offre publique d'achat pour le reste des actions.

"Nous lançons la création d'un super champion mondial de la transformation écologique ", se réjouit le patron de Veolia. "La démarche de Veolia n'a pas été sollicitée et n'a fait l'objet d'aucune discussion avec Suez ", qui réunira son conseil d'administration " dans les plus brefs délais ".

Suez, qui avait présenté en octobre un plan stratégique visant à détrôner son rival de sa place de numéro un, a pris "acte", dans un communiqué séparé.

Le géant de l'énergie avait annoncé en juillet sa volonté de recentrer son activité, en cédant des actifs jugés non stratégiques et des participations minoritaires. Le titre Engie s'est pour sa part apprécié de 4,7% tandis que Veolia a avancé de 5,7%.

"Le montant proposé n'est pas suffisant, il faut que Veolia revoie sa copie", a déclaré à Reuters une source interne à Engie, selon laquelle le président du conseil Jean-Pierre Clamadieu a fait connaître cette position aux administrateurs du groupe.

Pour le PDG de Veolia, "la déclaration d'Engie crée l'occasion", mais "ce projet a la force de l'évidence" et va dans "le sens de l'histoire". "Nous créons le groupe pour le monde d'après", assure Antoine Frérot. Ce serait le rapprochement de deux entreprises historiques du capitalisme français: la Générale des Eaux, devenue au fil des ans Veolia, et la Lyonnaise des eaux, aujourd'hui Suez. Mais " la concentration a commencé", prévient Antoine Frérot, relevant l'intérêt croissant de fonds d'investissement pour le secteur ou la montée d'acteurs venus de Chine. Les cessions indispensables pour obtenir l'aval des autorités de la concurrence vont toutefois réduire cette empreinte gigantesque. "Antoine Frérot évoque des " problèmes de concurrence importants " surtout en France, mais à l'étranger rarement et une " complémentarité forte ".

"Dans un contexte où l'urgence environnementale est clé pour l'avenir de nos concitoyens, l'offre de Veolia génère des préoccupations sur l'avenir des activités de traitement et de distribution de l'eau en France et sur l'emploi au regard du montant des synergies espérées", a souligné Suez.

"Ce projet s'inscrit dans une approche amicale, tant nous partageons avec Suez les mêmes métiers, la même culture et les mêmes valeurs", a-t-il assuré.

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