Ce que l'on sait de l'arrestation de l'opposante Maria Kolesnikova — Biélorussie

Des dizaines de milliers de Biélorusses ont organisé une nouvelle marche pacifique ce dimanche à Minsk

Des dizaines de milliers de Biélorusses ont organisé une nouvelle marche pacifique ce dimanche à Minsk

Aujourd'hui, le sort de cette opposante biélorusse suscite de nombreuses inquiétudes. Ils ont fait, eux, le choix de quitter leur pays.

Les deux hommes ont raconté avoir été emmenés de force par des inconnus et transportés dans diverses administrations, menottés et un sac sur la tête. " Il est évident que de telles méthodes sont illégales et ne peuvent conduire à aucun autre résultat si ce n'est l'aggravation de la situation ", a abondé le conseil de l'opposition, dont M Kolesnikova est membre et contre lequel les autorités ont engagé des poursuites judiciaires pour " menace à la sécurité nationale ". "Ils l'ont prise, ils disent qu'ils cherchent Maria", a annoncé le compte Telegram de l'ex-candidat à la présidentielle Viktor Babaryko, dont Mme Kolesnikova était la directrice de campagne jusqu'à son incercération en juin. Il s'agit d'Anton Rodenkov et Ivan Kravtsov.

"Kolesnikova est actuellement détenue", a confirmé à l'AFP le porte-parole des gardes-frontières bélarusses, Anton Bytchkovski.

Une autre figure du mouvement, Olga Kovalkova, a déclaré samedi avoir trouvé refuge en Pologne après avoir été menacée par les services secrets bélarusses.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo s'est déclaré "profondément inquiet des informations sur l'enlèvement et la tentative d'expulsion forcée de dirigeants de l'opposition au Bélarus", affirmant réfléchir à de nouvelles sanctions. Il a prévenu que Bruxelles imposerait des sanctions contre les responsables de la répression.

L'Espagnol a notamment cité le cas de Maria Kolesnikova, note France Info.

La figure de proue de l'opposition, Svetlana Tikhanovskaïa, elle-même exilée en Lituanie, a réclamé sa libération immédiate. "Mon peuple, ma nation ont besoin d'aide", a dit Mme Tikhanovskaïa, dont une collaboratrice a disparu à son tour mardi selon son équipe de campagne. Pour le quatrième weekend consécutif, une foule record de plus de 100 000 personnes s'est rassemblée à Minsk, malgré un impressionnant déploiement des forces de l'ordre et de l'armée dans la capitale. Des images montraient aussi dimanche des hommes cagoulés, en civil et armés de matraques circulant dans le centre-ville et pourchassant des manifestants.

"Au total, 633 personnes ont été interpellées hier pour infraction à la loi sur les événements de masse", a indiqué le ministère de l'Intérieur dans un communiqué, ajoutant que 363 d'entre elles restaient en détention provisoire dans l'attente de l'examen de leurs dossiers par les tribunaux.

La police biélorusse a fait état lundi de 633 arrestations lors de la manifestation massive de l'opposition, dimanche, pour protester contre la réélection du président Alexandre Loukachenko.

Maria Kolesnikova, 38 ans, est la dernière des trois figures féminines de l'opposition durant la campagne présidentielle à demeurer au Bélarus. "Ils n'ont pu expulser Maria Kolesnikova de Biélorussie car cette femme courageuse les en a empêchés par son action", a-t-il écrit sur Facebook.

Depuis Vilnius, la leader de l'opposition en exil, Svetlana Tikhanovskaïa, a appelé à la libération de Maria Kolesnikova.

Dans un entretien au Figaro publié le 17 août, elle réclamait de nouvelles élections estimant que "La société biélorusse a changé très vite".

Elle a rencontré mercredi à Varsovie le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki, avant de donner un discours devant la diaspora bélarusse, assurant que M. Loukachenko "n'est plus légitime aux yeux des gens". "Je n'ai pas peur de dire la vérité; je sens le soutien des Biélorusses".

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