Le grand gagnant de cette réunion de la BCE, c’est l’euro

La BCE moins pessimiste sur la récession en 2020 voit un plus faible rebond en 2021-2022

Christine Lagarde Dirk Claus European Central Bank

L'inflation en zone euro végète à un niveau très inférieur de celui proche de 2% visé par la BCE, passant même en territoire négatif en août (-0,2%) où des facteurs temporaires ont joué, comme la baisse de la TVA en Allemagne pour soutenir la consommation et les soldes d'été.

Jeudi, lors de sa conférence de presse de politique monétaire, la présidente de la BCE Christine Lagarde avait déclaré que son mandat était de "maintenir la stabilité des prix" et, dans ce cadre, "l'appréciation de l'euro est quelque chose à surveiller attentivement".

L'institution estime en effet que le risque d'une deuxième vague de l'épidémie de coronavirus en Europe représente un "vent contraire" pour l'activité économique et que les risques entourant ses perspectives continuent de pencher en faveur d'une dégradation. Quant à l'inflation, l'estimation est maintenue à 0,3% pour cette année, relevée de 0,8% à 1% pour 2021 et confirmée à 1,3% pour 2022.

La BCE a revu ses prévisions de croissance pour la zone euro, qui font preuve de davantage d'optimisme pour 2020. Ce qui, selon lui, " signifie que la BCE semble s'inquiéter de l'appréciation de l'euro, mais pas trop encore ".

La banque centrale prévoit également une contradiction du produit intérieur brut de 8,7% en 2020, suivie d'un rebond de 5,2% et 3,3% en 2021 et 2022, respectivement.

Elle a en revanche abaissé légèrement ses prévisions pour 2021 et 2022, avec un rebond de +5,0% et +3,2% en 2021 et 2022 contre, respectivement, 5,2% et 3,3% annoncés lors de la publication des dernières prévisions en juin.

En général, " les données laissent attendre un fort rebond du PIB au troisième trimestre " après une contraction sans précédent pour la période d'avril à juin.

Avant la conférence de presse, la BCE avait sans surprise laissé sa politique monétaire inchangée tout en répétant que le Conseil des gouverneurs "reste prêt à ajuster l'ensemble de ses instruments". Pour contrer la crise, la BCE a déjà dégainé un programme d'urgence de 1.350 milliards d'euros à travers le rachat de dette publique et privée sur le marché.

" La BCE maintient son cap et signale qu'elle va continuer à assouplir sa politique monétaire dans les mois à venir", a commenté Marcel Fratzscher, président de l'institut économique DIW. Nous anticipons toujours que la BCE augmentera à nouveau l'enveloppe du PEPP, probablement de 500 milliards d'euros, en décembre.

Par ailleurs, concernant le Brexit, Mme Lagarde dit espérer " que l'issue des négociations sera positive malgré les postures observés ces derniers jours " alors que Londres a annoncé vouloir revenir en partie sur l'accord entérinant son divorce d'avec le bloc européen.

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