Paris condamne l'exécution d'un lutteur en Iran

Ils tiennent des drapeaux derrière des affiches

Des Iraniens établis à Londres ont dénoncé l'annonce de l'exécution du lutteur Navid

Le tribunal provincial de Chiraz a également condamné les frères du lutteur, Vahid et Habib Afkari, à 54 et 27 ans de prison, respectivement, pour le meurtre d'Hasan Turkman.

Le jeune homme de 27 ans a été reconnu coupable d'homicide volontaire sur un policier, en marge d'une manifestation contre le pouvoir en place à Téhéran.

La sentence du "qesas", c'est-à-dire la "loi du talion", une peine de "rétribution", a été exécutée ce matin dans une prison de Chiraz, a indiqué à la télévision étatique le procureur général de la province de Fars, Kazem Mousavi.

En précisant que la peine de mort a été appliquée "face à l'insistance de la famille de la victime".

Mais de son côté, maître Hassan Younessi, avocat Navid Afkari, une rencontre devait avoir lieu aujourd'hui dimanche entre les familles pour un arrangement.

L'Iran a annoncé ce samedi avoir exécuté un jeune lutteur, Navid Afkari, pour le meurtre d'un fonctionnaire lors de manifestations contre le gouvernement en 2018, une décision dénoncée sur les réseaux sociaux et à l'étranger. Me Younessi s'était insurgé sur Twitter: "Étiez-vous si pressés que vous avez refusé à Navid son droit à une dernière visite", comme le prévoit le code pénal selon lui.

Accusé d'avoir poignardé à mort un agent de sécurité à Chiraz pendant les manifestations d'août 2018, Afkari, figure populaire du sport iranien, avait été condamné à mort.

"L'organisation de défense des droits humains Amnesty International avait dénoncé samedi l'exécution " secrète " de Navid Afkari, la qualifiant de " parodie de justice " après un procès " manifestement inéquitable ". Selon sa famille, des aveux lui ont été arrachés sous la torture.

Ce samedi 12 septembre, le Comité international olympique (CIO) s'est dit "choqué" par l'exécution du lutteur, comme l'instance basée à Lausanne l'a expliqué dans un communiqué. L'agence de l'autorité judiciaire Mizan avait démenti ces accusations au début septembre.

Même Donald Trump, il y a quelques jours, avait demandé à l'Iran " d'épargner la vie d'une grande star de lutte qui n'a fait que participer à une manifestation antigouvernement".

Avec au moins 251 exécutions en 2019, l'Iran est, après la Chine, le pays qui a le plus recours à la peine capitale selon le dernier rapport mondial sur la peine de mort publié par Amnesty International.

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