Diplomatie:Les Bahreinis Opposés Au Rapprochement Avec Israël

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu applaudit avant un déjeuner dans la salle à manger de la Maison Blanche après la cérémonie de signature des Accords d'Abraham sur la pelouse sud de la Maison Blanche mardi 15 septembre 2020 à W

Washington scelle les accords de normalisation entre Israël et deux pays du Golfe

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a signé mardi avec les Émirats arabes unis et Bahreïn des accords historiques dénoncés par les Palestiniens, sous l'égide de Donald Trump qui espère apparaître en "faiseur de paix" avant la présidentielle américaine.

Décrits comme " historiques " par les parties signataires, ces accords en effet inédits mettent au jour des rapports harmonieux de ces émirats avec l'Etat hébreu qui prévalent de manière clandestine depuis de nombreuses années.

"C'est une réussite de première classe", assure David Makovsky, du Washington Institute for Near East Policy, tout en soulignant que cela "n'implique pas la même prise de risque" pour les Israéliens que celle acceptée par Menahem Begin, "lorsqu'il a abandonné le Sinaï" à l'Egypte, ou Yitzhak Rabin, lorsqu'il a négocié avec le Palestinien Yasser Arafat.

Des centaines de manifestants ont protesté mardi en Cisjordanie et à Gaza contre les accords que les Emirats arabes unis et Bahreïn doivent signer avec Israël pour une normalisation de leurs relations, dénoncée par les Palestiniens comme une "trahison" à leur cause.

La "vision pour la paix" présentée en janvier par Donald Trump, qui visait à mettre fin au conflit israélo-palestinien, est loin d'être couronnée de succès: l'Autorité palestinienne l'a rejetée en bloc et dénie au président américain le rôle même de médiateur depuis qu'il a enchaîné les décisions favorables à Israël.

Selon David Makovsky, " ce n'est plus le Moyen-Orient de papa, c'est une nouvelle région " où, fait extraordinaire, la Ligue arabe a refusé de condamner la décision des deux monarchies du Golfe.

Au Bahrein par exemple, les Bahreinis sont contre la normalisation des relations avec Israël. Quelques dizaines de militants palestiniens ont manifesté à l'extérieur de la Maison-Blanche pendant la cérémonie. Ces accords esquissent ce changement d'ère, et semblent reléguer la question palestinienne en arrière-plan, comme l'espérait la Maison Blanche.

Washington scelle les accords de normalisation entre Israël et deux pays du Golfe
Israël signe des accords historiques avec les Emirats et Bahreïn à la Maison Blanche

Ces accords sont une victoire pour Benjamin Netanyahu et rapprochent Israël de son objectif d'être accepté dans la région.

Pour Donald Trump, qui brigue un second mandat dans sept semaines et n'avait jusqu'ici que peu d'avancées diplomatiques à présenter aux électeurs, c'est un succès reconnu jusque chez ses adversaires démocrates. Bahreïn a décidé la semaine dernière d'en faire autant.

Dès l'annonce surprise de l'accord de normalisation entre les Émirats et Israël le 13 août, des divergences sont apparues sur l'interprétation de ses termes.

"Personnellement je n'aurais aucun problème avec ça", "je n'aurais aucun problème à leur vendre des F-35", a dit le président des Etats-Unis sur la chaîne Fox News trois heures avant la cérémonie de signature, mettant en avant les "nombreux emplois" que créerait un tel contrat côté américain.

" Nous sommes très avancés avec environ cinq pays, cinq pays supplémentaires", a dit le président des Etats-Unis dans le Bureau ovale en compagnie du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu".

Il n'y aura "aucune paix" au Proche-Orient sans la "fin de l'occupation" israélienne des Territoires palestiniens, a réagi mardi soir le président palestinien Mahmoud Abbas après la signature d'accords de normalisation des relations entre Israël et deux pays du Golfe.

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