La Ligue contre le cancer alerte sur une pénurie de médicaments

La Ligue contre le cancer lance une campagne pour alerter sur la pénurie de médicaments avec un slogan choc

La Ligue contre le cancer lance une campagne pour alerter sur la pénurie de médicaments avec un slogan choc.- capture d’écran Ligue contre le cancer

Les affiches seront disponibles dans tous les départements de métropole et d'outre-mer où la Ligue a des comités. En 2017 déjà, 22 % des signalements de pénurie concernaient la cancérologie.

" La Covid-19 n'est pas la source des pénuries de médicaments à travers le monde, même si c'est un élément qui aggrave la situation", confirme la Ligue contre le cancer, qui veut alerter sur ce problème récurrent - 34 fois plus de cas de pénurie ont été signalés en 10 ans - et lourd de conséquences pour les personnes malades. "Ce sont des médicaments relativement anciens, qui ne sont plus couverts par les brevets, dont les prix ont été tirés par le bas par la concurrence, explique Axel Kahn ce lundi au micro de Franceinfo". Ils les font fabriquer avant tout en Chine ou en Inde et il y a souvent un seul fournisseur mondial. Il s'agit " vraiment (d') un problème qui est lié à la structure économique du marché du médicament ", et qui concerne des " médicaments indispensables ", essentiellement des génériques, très peu chers.

" Il y a une quarantaine de médicaments d'importance majeure en oncologie qui ont fait l'objet de pénurie " au fil des années, a rapporté à l'AFP le Pr Axel Kahn, président de la Ligue.

Pour faire face, assure le président de la LNCC, il n'y a pas d'autre solution que de rapatrier la production: "Est-ce que la santé est importante pour les citoyens et les citoyens?" La réponse est oui. Est-ce que, par conséquent, les médicaments qui permettent de conserver la santé lorsqu'elle est agressée sont des produits stratégiques? La réponse est oui", martèle-t-il. "Par conséquence, il faut rapatrier la fabrication des médicaments d'importance majeure, c'est extrêmement essentiel. Elle demande également l'information des malades concernés et leur recensement, notamment grâce à la création d'un système collectif d'information.

Parallèlement, d'après un sondage Ipsos mené auprès d'un échantillon représentatif de 500 professionnels de santé (pharmaciens de ville et d'hôpital, cancérologues, généralistes...), 95 % des pharmaciens hospitaliers constatent une aggravation du phénomène.

Ce n'est pas tout.

La Ligue contre le cancer espère obtenir des témoignages de patients sur la pénurie de médicaments, alors que ces derniers en sont rarement informés et sont de ce fait incapables de témoigner.

Preuve en est: le nombre de signalements de médicaments en rupture ou en tension d'approvisionnement est passé de 404 en 2013 à 1.499 en 2019 et pas moins de 75% des professionnels soignants exerçant en cancérologie ont déjà été confrontés à une pénurie de médicaments. 45 % estiment qu'elles ont un impact sur la survie à 5 ans de leurs patients, un constat encore plus largement partagé par les oncologues médicaux (68 %).

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