Incendie du camp de Moria en Grèce: six migrants afghans interrogés

Ile de Lesbos . A Lesbos la police évacue les réfugiés à la rue vers un nouveau camp

Lesbos : cinq migrants arrêtés pour l’incendie du camp de Moria

"Nous enquêtons sur la possible participation de ces suspects à l'incident", a déclaré un policier de l'île à l'AFP.

Le camp de Moria, le plus grand d'Europe, mis en place il y a cinq ans au plus fort de la crise migratoire et décrié pour ses conditions sordides, a été entièrement détruit par l'incendie, prémédité selon les autorités grecques.

Selon un responsable du ministère des Migrations, plus de 2.800 personnes se trouvent désormais dans ce camp, y compris les migrants qui y sont entrés volontairement ces derniers jours.

Le ministre grec de la Protection civile Michalis Chrysochoidis a estimé que "la moitié" des exilés pourraient quitter Lesbos "d'ici Noël" et "les autres d'ici Pâques", soit en avril prochain.

Les cinq migrants ont été interpellés au cours d'une opération de police le 14 septembre sur les routes de cette île, où des milliers de demandeurs d'asile dorment depuis l'incendie du camp, a précisé à l'AFP une source policière locale. Le sixième suspect a quitté Lesbos, d'après la même source.

Quant à l'ancien camp de Moria, où la violence, les vols, les rixes étaient légion - au moins sept migrants y sont morts en 2020 dans des bagarres - il devrait être démoli rapidement.

Pour le premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, "Il ne fait aucun doute que le camp de Moria a été brûlé par certains réfugiés et migrants hyperactifs qui voulaient faire chanter le gouvernement en brûlant le camp de Moria et en exigeant sa réinstallation immédiate hors de l'île".

"C'est une solution d'urgence et cela doit rester une solution d'urgence", a-t-il martelé, appelant à réguler la population du camp pour ne pas aboutir à "une situation comme à Samos ou à Moria".

L'objectif de ce nouveau camp "provisoire" est que les réfugiés "puissent progressivement, et dans le calme, quitter l'île pour Athènes" ou "être réinstallés ailleurs", a indiqué mercredi le représentant en Grèce du Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR), Philippe Leclerc. L'Union européenne se concerte, l'Allemagne et la France ont affirmé vouloir accueillir quelque 400 mineurs non accompagnés. "Ouvrez les portes. Nous sommes humains, nous ne sommes pas des animaux", a-t-elle dit, en larmes.

Famille par famille, certains avec une poussette d'autres tirant des cageots, des réfugiés faisaient toujours la queue dans l'après-midi devant le camp, érigé à la hâte par les autorités et l'ONU après l'incendie.

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