Encore des dizaines de milliers de manifestants malgré la pression policière — Bélarus

Bélarus: l’opposante Svetlana Tikhanovskaïa à Bruxelles lundi pour rencontrer les chefs de la diplomatie de l’UE

Bélarus : des dizaines de milliers de personnes marchent contre Loukachenko

La réélection d'Alexandre Loukachenko pour un sixième mandat en août, officiellement avec 80% des voix, a déclenché un mouvement de protestation sans précédent dans le pays et une répression policière brutale, qui a fait au moins trois morts et des dizaines de blessés.

"Du balai!", "Game Over!" " (Fin de partie, en anglais), scandaient-ils à l'attention d'Alexandre Loukachenko".

Des slogans visaient également le président russe Vladimir Poutine, soutien majeur de Alexandre Loukachenko dans cette crise qui secoue le Bélarus depuis un mois et demi. ", ont lancé des protestataires, faisant allusion à l'une des productions agricoles emblématiques de cette ex-république soviétique". "J'ai commencé à détester Poutine alors qu'avant je le voyais positivement", témoigne Maxime Karpov, un manifestant de 33 ans, disant avoir travaillé en Russie et y compter "de nombreux amis".

Les manifestants se sont rassemblés malgré le déploiement à Minsk de véhicules blindés, de canons à eau et de dizaines de policiers antiémeutes.

Une cinquantaine d'interpellations ont en outre été recensées au cours de manifestations en province, notamment dans les villes de Grodno, Gomel et Brest, d'après Viasna.

À Brest, des gaz lacrymogènes ont été utilisés et un policier a fait usage d'une grenade assourdissante pour disperser la foule, selon le ministre de l'Intérieur.

La veille, la police a dispersé brutalement une manifestation de femmes: 415 personnes ont été arrêtées à Minsk, selon le ministère, et 15 dans d'autres villes.

La plupart d'entre elles ont ensuite été libérées, d'après cette source.

Des images ont montré des officiers de police portant sans ménagement certaines manifestantes jusqu'à des fourgons pénitentiaires.

Le Conseil de coordination de l'opposition a mis en garde contre " une nouvelle phase dans une escalade des violences contre des manifestants pacifiques ".

Pendant les actions de protestation, des manifestants tentent régulièrement d'enlever les masques ou les cagoules de policiers ne portant pas d'insignes ou de badges avec leur identité.

Réfugiée en Lituanie, la leader de l'opposition Svetlana Tikhanovskaïa, qui revendique sa victoire lors de l'élection du 9 août, a affirmé samedi que les "Bélarusses étaient prêts à faire tomber l'anonymat de ceux qui obéissent à des ordres criminels ".

Svetlana Tsikhanouskaïa, cheffe de file de l'opposition biélorusse, a prié lundi 21 septembre les dirigeants européens d'approuver les sanctions contre les responsables biélorusses impliqués dans la répression de la contestation et de faire preuve de courage. Hier matin, l'opposante biélorusse en exil, Svetlana Tikhanovskaïa, devait rencontrer les ministres des Affaires étrangères de l'UE à Bruxelles, pour tenter d'appuyer le processus et pour présenter sa propre liste noire: une liste de fonctionnaires et de membres des forces de l'ordre biélorusses qui, selon elle, participent aux exactions policières.

A l'issue des débats, le Conseil des droits de l'Homme a appelé les autorités bélarusses à entamer un "dialogue" avec l'opposition et à cesser d'avoir un recours excessif à la force à l'encontre des manifestants.

Des protestataires ont été arrêtés lors de la manifestation contre le président d'Alexandre Loukachenko tenue dimanche à Minsk.

Maria Kolesnikova, l'un de ses alliés de premier plan, a, quant à elle, refusé d'être conduite hors du Bélarus.

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