Un rapport du Sénat épingle les concessions d’autoroutes

La commission préconise de ne pas reconduire les concessions une fois arrivée à leur échéance

La commission préconise de ne pas reconduire les concessions une fois arrivée à leur échéance

Le rapport préconise des tarifs plus bas pour les véhicules les moins polluants et encourage à "préparer la fin des concessions" et à ne pas les prolonger.

Les sociétés de gestion des autoroutes en prennent pour leur grade dans un rapport du Sénat, qui appelle à rééquilibrer le partage de la valeur en faveur des usagers et de l'État. Dans un épais pavé de 300 pages publié ce vendredi 18 septembre, une commission d'enquête sénatoriale a livré ses conclusions sur les concessions autoroutières. "La cession des sociétés concessionnaires d'autoroutes au secteur privé n'a été précédée ni d'une révision des contrats de concession, ni d'une définition de l'équilibre économique et financier des concessions ni d'une révision des relations avec l'État concédant", s'étranglent les sénateurs, examinant en détail leur bilan financier. Les sénateurs préconisent d'"accélérer le déploiement d'une offre d'abonnement sans frais pour les trajets domicile-travail garantissant des réductions tarifaires comprises entre 30 et 50%". Le rapporteur et sénateur UDI Vincent Delahaye estime qu'il est possible de "faire évoluer les tarifs en fonction des véhicules, s'ils sont propres ou pas propres, de la pratique des usagers, s'ils sont en covoiturage ou pas, les trajets domicile-travail".

Massivement privatisées en 2006, les autoroutes françaises seront rentables à partir de 2022, alors que leurs contrats n'expirent pas avant 2036. Il aura pour objectif d'anticiper et organiser la fin des concessions actuelles et organiser les futures. Une manœuvre qui doit toutefois être assortie de garantie pour l'Etat, qui ne souhaite pas récupérer des installations dégradées.

A l'échéance des concessions historiques, le rapport estime que "plusieurs modèles de gestion des autoroutes sont envisageables": la régie publique, la concession et les contrats de partenariat.

Pour trancher cette question, le rapport recommande l'organisation d'un "sommet des autoroutes". Vous voyez beaucoup d'investissements qui rapportent 8% par an? Entre 2022 et 2036, les dividendes versés aux actionnaires atteindraient donc 40 milliards d'euros environ, dont 32 milliards pour Vinci et Eiffage. Selon une étude indépendante demandée par ce dernier "deux des trois groupes autoroutiers pourraient atteindre la rentabilité attendue lors de la privatisation 10 ans avant la fin des concessions", soit autour de 2022, citant Vinci autoroutes et Eiffage.

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