Passe d'armes entre la Chine et les États-Unis

Etats-Unis et Chine s'affrontent à l'ONU dans un climat

Donald Trump accuse, à nouveau, la Chine d’avoir “lâché la plaie du Covid-19” sur la planète

Sur le site web de l'ONU, les discours des 193 membres vont s'enchaîner pendant une semaine, mettant en scène les dirigeants de la planète: le Chinois Xi Jinping devant une fresque de la Grande Muraille, d'autres dans des parcs présidentiels ou des palais, tandis que certains privilégieront la sobriété égayée du drapeau de leur pays.

Egalement pré-enregistré, le discours du président chinois Xi Jinping ne permettait pas de répondre directement à son homologue américain. "Au moment où la communauté internationale se bat vraiment durement contre le Covid-19, les États-Unis propagent un virus politique ici à l'Assemblée générale", a-t-il déclaré à des médias. "Au début de la propagation du virus, la Chine a interdit les vols intérieurs tout en autorisant les avions à quitter la Chine et infecter le monde", a déclaré le locataire de la Maison Blanche dans un message préenregistré diffusé à l'occasion de l'Assemblée générale de l'ONU. Sans citer les États-Unis, il a mis en garde contre "le piège d'un choc des civilisations", appelant à ne pas "politiser" la lutte contre le coronavirus et à "en finir avec la mentalité des blocs et des jeux à somme nulle".

Son ambassadeur à l'ONU Zhang Jun s'est ensuite chargé de " rejeter " sèchement les " accusations infondées " de Donald Trump.

"Ils ont perdu trop de vies précieuses d'innocents", de poursuivre l'ambassadeur, affirmant que, "Si nous devions tenir quelqu'un pour responsable, ce devrait être les États-Unis pour avoir perdu tant de vies avec un comportement irresponsable". Xi Jinping a là aussi voulu jouer les bons élèves, en fixant pour première fois un objectif de neutralité carbone - en 2060 - pour son pays, premier émetteur de gaz à effet de serre de la planète. Ainsi, la Chine est la cible de toutes les critiques de Donald Trump.

Les relations restent très tendues entre les Etats-Unis et la Chine notamment sur l'origine du coronavirus. Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations unies, appelle à améliorer la gouvernance mondiale face aux défis multilatéraux. Le monde doit tout faire " pour éviter une nouvelle Guerre froide ", a-t-il martelé, parmi les seuls à s'exprimer à la tribune d'un hémicycle clairsemé au siège de l'ONU à New York.

En novembre, le vainqueur de l'élection présidentielle aux Etats-Unis n'aura "pas d'autre choix que de céder face à la résilience de la nation iranienne", qui réclame la levée des sanctions américaines, a estimé le président iranien Hassan Rohani, lors de son intervention devant l'Assemblée. "Le bruit de fond américain est incompatible avec l'atmosphère de l'Assemblée générale", a-t-il ajouté.

Aucun dirigeant n'a fait le déplacement - un contraste saisissant avec les années précédentes qui voyaient plus de 10.000 personnes converger vers ce quartier de Manhattan transformé en bunker par la police. Une troisième guerre mondiale ne s'est pas produite mais la pandémie a mis à genoux la planète avec près d'un million de morts depuis fin décembre et un impact économique et social dévastateur.

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