Referendum et élections dans 7 régions — Italie

PRESS Le premier ministre Giuseppe Conte a voté dimanche à Rome

PRESS Le premier ministre Giuseppe Conte a voté dimanche à Rome

Choisie pour s'emparer de ce bastion de la gauche, dont la valeur symbolique est forte: Susanna Ceccardi, une eurodéputée de 33 ans de la Ligue.

AFP Le chef de la Ligue Matteo Salvini, le 21 septembre 2020 lors d'une conférence de presse après les élections régionales. Mais elle a échoué lundi à conquérir la Toscane, un bastion de gauche depuis cinquante ans. " C'est une victoire extraordinaire ", a déclaré le candidat du Partito democratico (PD), membre de la coalition au pouvoir, devant son comité électoral.

Susanna Ceccardi, candidate à la Ligue Salvini, est en tête à tête avec son adversaire démocrate en Toscane, qui a toujours été gouvernée par la gauche.

Une défaite en Toscane, une région réputée pour son bon fonctionnement jusqu'ici peu encline à répondre aux sirènes du populisme, serait fâcheuse aussi pour l'avenir de Nicola Zingaretti à la présidence du Parti démocrate, soulignent les analystes. Matteo Salvini, dont la popularité s'est effritée durant la pandémie, se relancerait en cas de victoire.

La diminution du nombre de législateurs est un élément essentiel du programme du Mouvement 5 étoiles, qui dirige actuellement l'Italie en coalition avec le Parti démocrate de centre-gauche dans le gouvernement du Premier ministre Giuseppe Conte.

Pour la droite, ces élections censées faire vaciller la gauche "se sont transformées en élections de la stabilité susceptibles d'emmener ce gouvernement jusqu'à la fin de la législature", estimait lundi soir le quotidien Corriere della Sera, principal tirage de la péninsule.

Dans une première réaction aux résultats du référendum, Luigi Di Maio, ministre des Affaires étrangères et leader du mouvement "Cinq Etoiles", s'est félicité du vote des Italiens en faveur de la réduction du nombre de parlementaires à la Chambre des représentants et au Sénat, estimant que, désormais, le nombre de parlementaires dans son pays correspondra à leur nombre dans les grandes démocraties occidentales, "afin que l'Italie gagne en crédibilité internationale dans l'un des moments les plus difficiles de son histoire".

Or, en cas de double victoire, la cheffe de ce parti Giorgia Meloni, qui a fortement progressé cet été dans les sondages, ne manquerait pas de faire de l'ombre à son rival du nord Matteo Salvini. Et ce sont des candidats de Fratelli d'Italia qui ont été choisis par la droite pour mener l'assaut dans les Marches et dans les Pouilles.

Francesco Acquaroli, critiqué l'an dernier pour avoir participé à un dîner de nostalgiques de Mussolini, brigue une région des Marches qui n'a jamais été à droite. Même en Campanie, où les droites avaient désigné candidat au poste de président de région le berlusconien Stefano Caldoro, Forza Italia n'obtient que 5 % des suffrages, derrière Frères d'Italie et la Ligue. En Vénétie, Luca Zaia, le champion de la Ligue qui était candidat de toutes les forces de droite, est réélu à la tête de la région avec...

Une septième région, le minuscule Val d'Aoste, renouvelle ses conseillers régionaux: l'équipe sortante a été impliquée dans une enquête pour infiltration mafieuse de la'Ndrangheta (mafia calabraise) lors des élections régionales de 2018.

Outre ces plus de 18 millions d'électeurs de sept régions, l'ensemble des 46 millions d'électeurs italiens doivent se prononcer sur un important référendum national sur la réduction du nombre de parlementaires. Face à la droite et à l'extrême droite, le Parti démocrate conserve trois bastions, tandis que le Mouvement cinq étoiles se félicite des résultats du référendum. "Nous allons avoir un parlement normal, avec 345 fauteuils et des privilèges en moins", a-t-il réagi sur Twitter. Dans ce cas de figure, il n'y aura plus que 600 élus italiens en lieu et place des 945 actuellement. Aujourd'hui, l'Italie a le deuxième parlement le plus fourni en Europe, derrière le Royaume-Uni (environ 1400) et devant la France (925).

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