Un policier américain accusé de "mise en danger de la vie d'autrui"

DR  Famille de Breonna Taylor  AFP

DR Famille de Breonna Taylor AFP

Un policier blanc a été inculpé mercredi à Louisville, dans le Kentucky, après la mort de l'Afro-américaine Breonna Taylor, tuée chez elle en mars lors d'une perquisition controversée, une décision critiquée par sa famille et les manifestants qui protestent contre les violences policières. Croyant avoir affaire à des cambrioleurs, il a ouvert le feu et la police a répondu avec vingt balles, tuant Breonna Taylor sur le coup.

Des manifestations ont spontanément éclaté dans plusieurs villes du pays, secoué depuis des mois par une vague de mobilisations antiracistes, notamment à New York, Boston ou encore Philadelphie.

Le procureur avait ensuite annoncé qu'un policier sur les trois était mis en examen pour " mise en danger de la vie d'autrui ", car il avait tiré sur l'appartement des voisins de la victime.

Aucune charge n'a été retenue contre ses deux collègues, Jonathan Mattingly et Myles Cosgrove, qui avaient été mis à pied, car ils ont tiré en état de légitime défense, selon le procureur du Kentucky.

"L'avocat de la famille de la jeune femme, Ben Crump, a dénoncé dans un communiqué une décision " scandaleuse et insultante " qui est selon lui " un nouvel exemple d'absence de responsabilité pour le génocide des gens de couleur perpétré par des policiers ". L'homme ouvre le feu avec une arme qu'il détenait légalement blessant un agent à la jambe.

Les deux policiers blancs qui ont abattu l'infirmière noire Breonna Taylor à son domicile ne seront pas poursuivis car l'usage qu'ils ont fait de la force était justifié, a annoncé ce mercredi 23 septembre l'attorney general du Kentucky.

L'agent Hankison a tiré dix balles dont plusieurs ont terminé leur course dans l'appartement voisin de celui de Breonna Taylor, " mettant trois personnes en danger grave de blessures physiques ou de mort", a expliqué le procureur de l'Etat Daniel Cameron.

Leur état était stable et leur vie n'était a priori pas menacée, mais l'un a subi une intervention chirurgicale, a-t-il précisé, et un suspect a été interpellé.

La mort Breonna Taylor, comme celles de George Floyd, de d'Ahmaud Arbery et de Rayshard Brooks, quatre Afro-américains qui ont trouvé la mort ces derniers mois à la suite de violences policières, a relancé le débat sur le racisme dont la police américaine est accusée et provoqué des mouvement de protestation dont certains ont parfois tourné à l'émeute, incitant Donald Trump à se présenter comme le président de "la loi et de l'ordre".

Au début de la semaine, le département de police de Louisville a décrété l'état d'urgence dans toute la ville, dressant des barricades, installant un couvre-feu à 21 heures et supervisant l'interdiction temporaire des vacances pour les officiers de Louisville.

Selon les médias locaux, Brett Hankison s'est présenté dans une prison de la région puis a été remis en liberté après avoir payé une caution fixée à 15.000 dollars, une somme très basse comparée à d'autres cas similaires. Licencié par la police de Louisville en juin, il risque jusqu'à quinze ans de prison. Cela "nous empêche de les poursuivre pour la mort de Breonna Taylor", a dit le procureur.

"Ma soeur, le système pour lequel tu travaillais si dur t'a laissée tomber", a réagi sur Instagram Juniyah Palmer, la soeur de Breonna Taylor.

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