" "Washington ne reconnaît pas Loukachenko comme président " légitimement élu " — Bélarus

Alexander Lukashenko

Alexander Lukashenko

Le président bélarusse Alexandre Loukachenko, confronté à un mouvement de contestation post-électoral inédit, a prêté serment mercredi en catimini pour un sixième mandat, avant de proclamer que la "révolution" voulue par ses détracteurs avait échoué. Du gaz lacrymogène a également été utilisé.

De nombreux manifestants portaient de fausses couronnes en carton sur la tête, dans une allusion à la prestation de serment du président Loukachenko.

"Les exigences minimales pour des élections démocratiques n'étaient pas remplies", a dénoncé lors d'un point presse Steffen Seibert, ajoutant que cette élection du 9 août n'avait été "ni juste ni libre".

Dans la matinée, les médias indépendants biélorusses et les plateformes de l'opposition avaient spéculé sur une telle cérémonie en catimini, le cortège présidentiel ayant défilé dans la rue à toute vitesse, l'artère principale de Minsk ayant été fermée au public et les forces de l'ordre ayant été déployées en nombre autour de la présidence. "Cette prétendue investiture est évidemment une farce", a dénoncé Svetlana Tikhanovskaïa, principale rivale de M. Loukachenko, dans un communiqué publié sur la messagerie Telegram.

L'Allemagne "ne reconnaît pas", faute de "légitimité démocratique" le président Alexandre Loukachenko, a déclaré mercredi le porte-parole du gouvernement allemand. Le chef de la diplomatie lituanienne, Linas Linkevicius a raillé "des élections frauduleuses, une investiture frauduleuse".

Le Premier ministre des Pays-Bas, Mark Rutte, a aussi affirmé ne pas reconnaître la réélection d'Alexandre Loukachenko.

Dans son discours, M. Loukachenko a affirmé que son pays avait résisté à une "révolution de couleur", surnom donné en ex-URSS aux mouvements populaires ayant fait s'effondrer plusieurs régimes autoritaires depuis le début des années 2000.

"Il est ensuite apparu en uniforme militaire dans un discours devant des soldats au garde-à-vous".

"Nous n'avons pas seulement élu un président, nous avons défendu nos valeurs, la vie dans la paix, la souveraineté et l'indépendance" du pays, a-t-il encore dit.

Alexandre Loukachenko est confronté depuis la présidentielle du 9 août à une contestation inédite, des dizaines de milliers de personnes sortant notamment dans la rue chaque dimanche à Minsk pour dénoncer sa réélection jugée frauduleuse, et cela malgré la répression du mouvement.

Plus de dix personnes ont été arrêtées dans la capitale biélorusse ce 23 septembre pour avoir participé à des manifestations non autorisées en réaction à la cérémonie d'investiture d'Alexandre Loukachenko qui n'avait pas été annoncée.

M. Loukachenko, qui accuse les Occidentaux d'avoir orchestré la protestation, a promis une vague révision constitutionnelle pour répondre à cette crise. La Russie l'a assuré de son soutien, bien que dans les semaines précédant la présidentielle il avait accusé Moscou de chercher à le chasser du pouvoir pour pouvoir vassaliser son pays.

Dernières nouvelles