"Il n’est plus notre ministre" : fronde des magistrats contre Dupond-Moretti

Les magistrats palois dénoncent les attaques du ministre Éric Dupont Moretti

Jeudi 24 septembre à 13 heures, répondant à un appel national conjoint de l'Union syndicale des magistrats (USM) et du syndicat de la magistrature (SM), plus d'une vingtaine de magistrats et personnels de greffe du tribunal judiciaire d'Orléans ont dénoncé, sur les marches du palais de justice d'Orléans, " une tentative de déstabilisation judiciaire ".

Ce sont les deux principaux syndicats de la magistrature qui appellent au rassemblement devant toutes les juridictions de France. "Si on fragilise un des barreaux, le système s'effondre", a mis en garde Marie-Noëlle Courtiau-Duterrier, vice-procureur au parquet de Bordeaux et déléguée régionale USM.

"Depuis plusieurs jours, l'institution judiciaire est clairement attaquée par son sommet, et celui qui devrait la protéger, le garde des Sceaux, rappellent l'USM et le syndicat de la magistrature, dans un communiqué". "On est là pour défendre l'indépendance de la justice", a expliqué Clara Grande, déléguée locale au SM. "Ce qui nous choque, ajoute-t-elle, c'est que ce soit un ministre à l'origine d'une plainte dans cette enquête, il est aussi ami avec l'un des prévenus, et le problème c'est qu'il s'agit de déstabiliser l'autorité en charge de l'enquête, c'est donc un conflit d'intérêt majeur qui vise à intervenir dans une enquête en cours". Un sort auquel le futur ministre de la Justice avait lui-même été soumis.


Eric Dupond-Moretti face à la colère des magistrats - LE MONDE DU DROIT : le magazine des professions juridiques

D'autres rassemblements ont également eu lieu à Lyon, Grenoble, Villefranche-sur-Saône ou encore à Agen, ont constaté des correspondants de l'AFP. "Dans cette école, il y a des avocats qui viennent avec les magistrats pour des formations", rétorque la dirigeante du Syndicat de la magistrature. "Nous ne laisserons pas faire", ont-il averti. Ces magistrats ont épluché les relevés téléphoniques détaillés ("fadettes") de ténors du barreau, dont Eric Dupond-Moretti. Et ce, à la suite des propos du ministre de la Justice sur leur "corporatisme" et sa décision de relancer une enquête administrative concernant trois membres du parquet national financier.

Les magistrats ne demandent "qu'une chose simple: travailler en toute indépendance", ont-elles souligné.

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