Kim Jong-un présente ses excuses pour le meurtre d’un Sud-Coréen

La Corée du Nord a abattu un transfuge sud-coréen dans ses eaux territoriales

La Corée du Nord a abattu un Sud-Coréen dans ses eaux territoriales

Le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, a présenté ses excuses pour le meurtre d'un Sud-Coréen dans ses eaux territoriales, a déclaré, vendredi 25 septembre, Séoul.

Une " affaire honteuse", selon le propre dirigeant nord-coréen.

Selon des spécialistes, Pyongyang cherche par ce message à apaiser son voisin du Sud où ce meurtre, le premier perpétré en dix ans par l'armée nord-coréenne, a suscité l'indignation. Evoquant un " événement d'inattendu et honteux", Kim Jong-un s'est excusé pour " avoir déçu le président Moon Jae-in et les Sud-Coréens ", a rapporté Yonhap citant la présidence sud-coréenne.

Le fonctionnaire, qui travaillait pour le secteur de la pêche, a été abattu mardi par des soldats nord-coréens. "Les soldats nord-coréens ont versé de l'essence sur son corps et l'ont brûlé dans l'eau" pour éviter toute contamination au coronavirus. Cet épisode intervient alors que les relations entre les deux Corées sont au point mort.

Il s'agit d'un "geste diplomatique" qui "évite un conflit potentiel à court terme et préserve la possibilité de tirer, à long terme, des avantages de Séoul", a-t-il estimé.

La réaction de la Corée du Sud ne s'est pas faite attendre. Le président, qui a toujours plaidé pour de meilleures relations avec Pyongyang, l'a qualifié de "choquant" et intolérable.

" Nous mettons solennellement en garde la Corée du Nord sur le fait que toutes les responsabilités liées à cet incident lui incombent", a fustigé le ministère sud-coréen de la Défense.

"Le fait de tuer un homme non armé et de brûler son corps ne peut, en aucune façon, être excusé", a-t-il affirmé. Avant de disparaître, il se trouvait à bord d'un patrouilleur qui naviguait à proximité de l'île frontalière occidentale de Yeonpyeong, a précisé le ministère sud-coréen de la Défense dans un communiqué.

Il a été localisé par les services nord-coréens 24 heures plus tard. Les militaires auraient ainsi mis le feu à son cadavre pour prévenir tout risque de contamination au coronavirus.

Pyongyang, particulièrement vulnérable à une épidémie de coronavirus en raison d'un système médical défaillant, a affirmé jusqu'à présent ne pas avoir enregistré sur son sol de cas de Covid-19.

Le même mois, un transfuge nord-coréen qui avait fui vers le Sud il y a trois ans est retourné dans son pays en réussissant à franchir illégalement "la ligne de démarcation " qui fait office de frontière avec la Corée du Sud. Cela avait poussé les autorités nord-coréennes à décréter le confinement de la ville de Kaesong, située à la frontière, par crainte qu'il ne soit porteur du coronavirus.

Le pays a fermé ses frontières fin janvier avec la Chine, son principal allié, au moment où l'épidémie explosait.

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