Le premier ministre libanais jette l'éponge 26 jours après sa nomination

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Liban : Incapable de former un gouvernement, le Premier Ministre démissionne

Avec M. Adib, "il y avait une chance et beaucoup de pression pour former un gouvernement".

Les efforts de Moustapha Adib entravées par le Hezbollah Les efforts de Moustapha Adib ont notamment été entravés par deux formations chiites, le Hezbollah, poids lourd de la politique libanaise, et son allié Amal, dirigé par le chef du Parlement Nabih Berri, qui réclament le portefeuille des Finances.

Emmanuel Macron s'exprimera dimanche soir lors d'une conférence de presse sur la situation politique au Liban après l'annonce du Premier ministre libanais qui vient de renoncer à former un nouveau gouvernement, a annoncé l'Elysée samedi.

"L'initiative lancée par le président français Emmanuel Macron est toujours en cours et bénéficie de tout mon soutien", a assuré par ailleurs M. Aoun en référence à la feuille de route mise en place par Paris pour aider le pays à sortir de sa crise. M. Adib était appelé à former, conformément à l'initiative française visant à sortir le Liban de sa crise, un cabinet restreint de spécialistes indépendants. Selon les observateurs, leur obstination est liée aux sanctions américaines imposées à un ministre d'Amal, qui était aux Finances, et à deux compagnies affiliées au Hezbollah.

"Le Hezbollah ne peut en même temps être une armée en guerre contre Israël, une milice déchaînée contre les civils en Syrie et un parti respectable au Liban", a-t-il dit. C'est à lui de démontrer qu'il respecte les Libanais dans leur ensemble.

"A l'horizon environ d'un mois, un mois et demi, nous serons obligés de faire le bilan (.)".

Pour le président français, "nous entrons dans une phase où les risques sont bien plus élevés pour le Liban et la région".

Beyrouth s'est engagé en 2018 à effectuer des réformes en contrepartie de promesses de prêts et de dons d'un montant total de 11,6 milliards de dollars.

Les craintes sont également d'ordre sécuritaire avec une recrudescence des violences.

Mustapha Adib, ancien ambassadeur à Berlin, avait été désigné le 31 août trois semaines après l'explosion dévastatrice au port de Beyrouth le 4 août qui a fait plus de 190 morts et plus de 6500 blessés et qui a mené à la démission du gouvernement de Hassan Diab.

C'était le drame de trop dans un pays souffrant d'une dégringolade de la monnaie nationale, d'une hyperinflation et d'une paupérisation à grande échelle de sa population, sans oublier la pandémie de Covid-19. Mercredi, Paris a exhorté les partenaires du Liban à exercer des "pressions fortes et convergentes", aux côtés du président Macron, pour pousser à la formation d'un nouveau gouvernement.

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