Suez rejette la nouvelle offre de Veolia — Rapprochement Suez-Veolia

Paris. Bataille Suez-Veolia le fonds français Ardian entre dans le jeu

Engie donne son feu vert au rachat de Suez par Veolia

Une demande à laquelle Veolia a accédé quelques minutes plus tard. Un délai de cinq jours qui doit permettre de graver dans le marbre les engagements de Veolia pour formaliser "son engagement inconditionnel de ne pas lancer d'offre publique d'achat qui ne soit pas amicale", avait expliqué Engie.

Veolia a relevé mercredi son offre sur les 29,9% du capital de Suez détenus par l'énergéticien Engie, de 15,5 euros à 18 euros par action.

Suez, qui s'est opposé avec force à la manœuvre de son concurrent direct, n'a pas réagi dans l'immédiat mercredi soir.

Mais à l'issue de ce conseil d'administration - qui s'est réuni pendant de longues heures, juste avant l'expiration de l'offre déposée par Veolia - le groupe énergétique avait indiqué accueillir "favorablement" les termes améliorés de celle-ci, d'un montant de près de 3,4 milliards d'euros.

Mais Engie a souhaité que cette condition soit levée. Le groupe a été jusqu'à présent incapable de monter une offre alternative avec des investisseurs afin de conserver son indépendance.

Veolia pourrait lancer une offre publique d'achat (OPA) hostile sur Suez si les discussions de six mois entre les deux groupes ne débouchaient pas sur une opération amicale, mais "ce n'est pas du tout l'esprit" de la proposition faite par le groupe de services aux collectivités, a déclaré mercredi son PDG, Antoine Frérot, lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes.

En contrepartie, Veolia avait demandé à son concurrent de désactiver la fondation de droit néerlandais qui devait abriter son activité Eau France, une "pilule empoisonnée" destinée à faire capoter un rachat. Mais c'était selon lui "une vague marque d'intérêt qui ne contenait ni le prix, ni le consortium d'investisseurs au nom duquel il était fait, ni les conditions d'exécution".

À plusieurs reprises ces dernières semaines, l'État - par ailleurs actionnaire d'Engie à hauteur de 23,6% - a manifesté son souhait de temporiser.

"L'Etat ne cédera à aucune pression ni à aucune précipitation", a-t-il ajouté.

Les enjeux sont élevés: Suez estime que près de 5.000 emplois pourraient être supprimés en France si l'opération allait à son terme, ce que dément fermement Veolia. Dénonçant un projet aux contours stratégique flous, des risques considérables sur le plan de l'emploi en France et dans le monde ou de la concurrence, la direction de l'ancienne Lyonnaise des eaux a déployé l'ensemble des moyens en sa possession pour contrecarrer les plans d'Antoine Frérot pendant près d'un mois.

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