Caucase: la guerre entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan prend une toute autre ampleur

Le maire de Ploemeur est cosignataire d’une tribune incitant l’État français à sortir de sa neutralité dans le conflit qui oppose actuellement l’Arménie à l’Azerbaïdjan

La route vers le Luxembourg est difficile: des Arméniens paralysent le trafic aux trois frontières depuis tôt ce matin

C'est un conflit qui n'a pas de règles et pas de logiques, indique un observateur en Arménie, cité par notre envoyée spéciale au Haut-Karabakh Anissa el Jabri. Le résultat de cette attaque a été relayé sur le Net par le conseiller de la présidence azerbaïdjanaise. Selon des bilans partiels, ils ont fait au moins 128 morts. Chaque partie a accusé l'autre de viser des civils tout en niant avoir mené elle-même des attaques contre des zones résidentielles.

Dans le sens inverse, des volontaires, simples citoyens au volant de leur véhicule, allaient vers la zone des combats pour évacuer ces familles chassées par les bombardements, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le Haut-Karabakh, majoritairement peuplé d'Arméniens, a fait sécession de l'Azerbaïdjan à la chute de l'URSS, entraînant une guerre au début des années 1990 qui a fait 30 000 morts.

Le président de ce territoire séparatiste, Arayik Haroutiounian, a déclaré que la "dernière bataille" pour le Nagorny Karabakh a commencé. En uniforme, il a annoncé qu'il rejoignait le front pour se battre avec ses troupes.

" Nous allons reprendre nos territoires, c'est notre droit légitime et notre objectif historique", a-t-il déclaré dans un entretien avec la chaîne de télévision Al Jazeera.

La Turquie a déclaré dimanche que les forces azerbaïdjanaises avaient repris Jabrail, le dernier d'une série de villages précédemment occupés par l'Arménie qui seraient maintenant de nouveau sous contrôle azerbaïdjanais à la suite des combats de la semaine dernière. Les deux camps ont ignoré les appels de la communauté internationale à faire taire les armes, tel celui vendredi du secrétaire général de l'Organisation des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, réclamant "une fin immédiate des hostilités". L'armée azerbaïdjanaise a affirmé que 19 villages azerbaïdjanais ont été la cible de tirs arméniens dans la nuit et assuré prendre des "mesures de riposte résolues", revendiquant notamment la prise de positions séparatistes. Ankara est un allié indéfectible de Bakou et le président turc, Recep Tayyip Erdogan, insiste lui aussi sur le départ des troupes arméniennes du Haut-Karabakh.

En arrivant ce jeudi à Bruxelles où se tient un sommet européen, le président français a révélé qu'il "dispose d'informations aujourd'hui de manière certaine qui indiquent que des combattants syriens de groupes djihadistes ont quitté le théâtre d'opération en transitant par Gaziantep pour rejoindre ce théâtre d'opérations du Haut-Karabakh".

L'Arménie a également des souvenirs sélectifs du passé, M. Pashinyan qualifiant la pire atrocité de la guerre du Karabakh de 1991-1994 - le meurtre en 1992 de centaines de civils azerbaïdjanais par des combattants arméniens près de la ville de Khojaly - comme un "pur truc de propagande".

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