L'offre de Veolia sera la seule sur la table d'Engie — Suez

Engie cède à Veolia 29,9 % du capital de Suez

Suez dénonce une tentative de « prise de contrôle rampante » de Veolia

Le Premier ministre Jean Castex a appelé mardi Veolia et Suez à poursuivre et approfondir leurs discussions, au lendemain de la décision du conseil d'administration d'Engie de céder ses parts dans Suez malgré l'opposition de l'État.

"Le conseil a pris acte de l'ensemble des engagements pris par Veolia, notamment de son engagement inconditionnel de ne pas déposer d'offre publique d'achat hostile à l'issue de l'acquisition de la participation d'Engie dans Suez", a justifié la direction du groupe. Va-t-il vendre à Veolia les 29,9% de parts qu'il possède dans Suez? "Les mariages de force, je n'y crois pas", a insisté Bruno Le Maire. "En l'absence d'accord amiable entre Veolia et Suez", l'Etat a voté contre la proposition de cession de cette participation, avait déjà indiqué lundi le ministère de l'Economie. (.) Nous étions à quelques centimètres d'un accord. Et Veolia a accepté l'une des conditions qui lui ont été imposées dimanche en s'engageant "inconditionnellement" ne pas soumettre par la suite une offre publique d'achat hostile sur le reste du capital de Suez.

Engie avait dit dès mercredi soir qu'il accueillait "favorablement" cette offre.

Entre-temps, il s'agira pour le numéro un mondial du secteur de travailler à la désactivation de la fondation néerlandaise créée par Suez pour y verrouiller sa division Suez Eau France.

" Les propositions que tu nous as faites ne reprennent pas l'objectif de logique industrielle", écrit Philippe Varin, le président du conseil d'administration de Suez, dans une lettre adressée au PDG de Veolia et transmise par le groupe à la presse".

Mais le dialogue ne s'amorce pas sous les meilleurs auspices. "(...) cette offre ne sera pas lancée sans avoir obtenu au préalable un accueil favorable du conseil d'administration de Suez", peut-on lire dans un communiqué. Le spécialiste de la gestion des déchets " confirme qu'il mettra en œuvre tous les moyens à sa disposition pour préserver les intérêts de ses salariés, de ses clients, et toutes ses parties prenantes, notamment pour assurer un traitement égalitaire et juste de tous ses actionnaires, et éviter une prise de contrôle rampante ou un contrôle de fait".

Faute d'avoir monté une offre alternative en temps et en prix - le fonds Ardian s'est retiré ce week-end - Suez s'est néanmoins trouvé un soutien de poids en la personne de l'Etat. Actionnaire à hauteur de 22% d'Engie et présent à son conseil d'administration avec trois administrateurs sur seize, il a voté contre la cession du bloc. Il veut désormais lancer des discussions afin de pouvoir lancer une offre publique d'acquisition sur le solde du capital de Suez et finaliser le rapprochement des deux entreprises. Pas question de laisser l'image du capitalisme français s'abîmer ainsi, alors que ces deux groupes français spécialisés dans la gestion de l'eau et des déchets se livrent une bataille sans merci depuis près de deux mois. Ces dernières semaines, l'APE avait successivement entériné le repositionnement stratégique d'Engie (et donc le désengagement de Suez) ainsi que la recommandation faite à Veolia d'améliorer son offre.

Traîné sur le terrain de l'emploi et souhaitant à tout prix éviter d'ouvrir un front social, Bruno Le Maire a dû s'employer à tempérer les ardeurs de Veolia. Mis en minorité par le vote du conseil d'Engie pour la première fois de l'histoire, son échec est latent.

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