Le président du Kirghizistan, Sooronbay Jeenbekov, "prêt à démissionner"

SERVICE REUTERS Le président Sooronbaï Jeenbekov

SERVICE REUTERS Le président Sooronbaï Jeenbekov

Le Kirghizstan est plongé dans une grave crise depuis le déclenchement d'un mouvement de protestation contre des fraudes aux élections législatives de dimanche, remportées par deux partis proches de Sooronbaï Jeenbekov.

Elle a précisé que les soldats déployés dans les rues, dont le nombre n'a pas été précisé, avaient reçu pour ordre de "reprendre le contrôle de la situation", en installant des points de contrôle et en empêchant des affrontements armés notamment.

Plus tôt dans la journée, Sooronbaï Jeenbekov s'était dit prêt à quitter ses fonctions une fois qu'un nouveau gouvernement serait nommé, afin de mettre fin à l'instabilité politique dans le pays de 6,5 millions d'habitants, frontalier de la Chine et dans lequel l'armée russe dispose d'une base.

"Ils ont arrêté l'ancien président", a-t-elle déclaré. Tilek Toktogaziyev et Ömürbek Babanov, candidats à la fonction de Premier ministre, ont convenu vendredi que le premier deviendrait vice-Premier ministre du second.

Avant sa nomination comme premier ministre, Sadyr Japarov a appelé à des réformes institutionnelles avant la convocation de nouvelles élections législatives et présidentielles.

L'ancien président du Kirghizstan Almazbek Atambaïev, libéré de prison mardi par des manifestants, a de nouveau été arrêté, a annoncé le Comité de sécurité nationale du pays.

Devenu désormais le grand rival du président, Almazbek Atambaïev a été libéré lundi de prison lors d'une nuit d'émeutes.

"La voiture de l'ancien président a été touchée par des balles réelles", a indiqué à l'AFP sa porte-parole, Koundouz Joldoubaïeva. Jeenbekov a signé des décrets le 9 octobre révoquant officiellement le gouvernement sortant et le Premier ministre Kubatbek Boronov, qui a annoncé sa démission à la suite des manifestations.

Sadyr Japarov purgeait jusqu'à lundi une peine de 11 ans et demi de prison pour une prise d'otages au cours d'une précédente crise politique.

Vendredi, une autre manifestation avait été organisée à Bichkek contre la criminalité organisée, qui gangrène la politique aux yeux de nombreux Kirghiz. Il pourrait même y avoir un risque de violents affrontements entre factions, selon Le Figaro.

Cette crise fait craindre une flambée de violences dans cet Etat considéré comme une exception démocratique dans une région où les régimes autoritaires sont la règle. Aucune présence policière n'était visible devant les principaux bâtiments gouvernementaux.

Les puissants services de sécurité (GKNB) ont quant à eux intimé à la classe politique de remettre de l'ordre et la Russie, la puissance régionale, a reconnu l'autorité de l'homme qui a pris le contrôle du GKNB à la faveur du chaos des derniers jours, Omourbek Souvanaliev. Stanislav Zas, le secrétaire général de l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), une union politico-militaire menée par la Russie, a proposé vendredi son aide pour "jouer un rôle de médiateur".

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