Veolia/Suez: le tribunal de Paris ordonne "la suspension de l’opération" en référé

Veolia/Suez: le tribunal de Paris ordonne «la suspension de l’opération» en référé

Veolia-Suez : le tribunal de Paris ordonne «la suspension de l'opération» en référé

"Veolia ne peut pas faire autrement que de respecter cette décision", a déclaré à Reuters Me Zoran Ilic, un des avocats des demandeurs.

Cette décision de justice intervient quatre jours après que le conseil d'administration d'Engie a donné le feu vert à Veolia pour vendre la majeure partie de sa participation dans Suez (qui s'élève à 32%), ouvrant la voie au rachat américain de la société de services publics - malgré l'opposition de l'État. premier actionnaire de la société énergétique française. Les instances représentatives des salariés de Suez avaient référé Engie et Veolia en référé pour ne pas avoir "pas été informé et consulté régulièrement sur ce projet".

Cette commande récapitulative "n'aura aucun impact sur la transaction", réalisé lundi avec Veolia, indiqué un porte-parole du géant de l'énergie.

Cette suspension a été décidée tant que les Comités sociaux et économiques (CSE) de Suez et Suez Eau France, à l'origine de la procédure, n'auront pas été " informés et consultés " sur les décisions déjà prises.

Veolia avait dévoilé ce jour-là ses projets, aussitôt rejetés par l'état-major de Suez qui a tenté de s'opposer jusqu'au bout à la session de l'essentiel des actions détenues par Engie.

Pour lui, cette réalité ne peut échapper à personne. Les représentants des salariés de Suez avaient demandé à la direction d'Engie de venir s'expliquer devant le CSE le 18 septembre, mais le groupe avait décliné l'invitation. Dans ce cadre, "faire porter sur Veolia la responsabilité du défaut de l'organisation d'une telle consultation est donc parfaitement ubuesque puisque le groupe n'avait manifestement pas ce pouvoir".

La décision rendue par le tribunal n'est pas de nature à bloquer l'opération industrielle mais apporte un nouveau chapitre dans un feuilleton riche déjà en rebondissements entre des groupes historiques dirigés par des figures installées du capitalisme français qui connaît aussi des prolongements politiques.

La consultation des représentants du personnel pourrait prendre deux à trois mois. "C'est ce qu'a reconnu le tribunal, c'est un délit d'entrave", a-t-il ajouté.

"Nous étions à quelques centimètres d'un accord, nous nous sommes heurtés à l'intransigeance des uns et à la précipitation des autres", a-t-il regretté sur France Info."Cette opération ne fonctionnera pas s'il n'y a pas d'accord amiable entre Suez et Veolia", a-t-il insisté.

Pour le personnel élu en reconnaissant ce délit de handicap, "Le tribunal réintègre Jean-Pierre Clamadieu [président d'Engie] et Antoine Frérot [PDG de Veolia] et montrez-leur qu'ils ne sont pas au-dessus de la justice et du droit du travail". Les syndicats de Suez accusent les deux géants d'avoir alimenté l'opération bien avant l'annonce officielle de l'offre de Veolia fin août.

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