Coronavirus: un nouveau cas de réinfection aux États-Unis

Covid : les cas de réinfection intriguent les chercheurs

Covid-19 - Un cinquième cas mondial de réinfection signalé

Alors qu'une étude vient tout juste de paraître, faisant état d'un cas de réinfection aux Etats-Unis chez un homme de 25 ans dont la deuxième infection au coronavirus était plus sévère que la première, des chercheurs néerlandais rapportent la mort d'une femme de 89 ans, elle aussi contaminée deux fois par le SARS-CoV-2. Le premier avait été annoncé à Hong-Kong le 24 août.

Les auteurs de l'étude sur le patient américain ont dressé des hypothèses pour expliquer pourquoi sa deuxième infection était plus grave.

C'est la seconde fois, après le cas en Equateur, que le patient contracte une forme du virus plus sévère une fois recontaminé, notent les chercheurs, qui cherchent à comprendre cette dégradation des symptômes.

Cela implique " que les gens qui ont été testés positifs au SARS-CoV-2 devraient continuer de prendre des précautions, dont la distanciation physique, le port du masque et le lavage des mains", puisqu'une réinfection est possible, a poursuivi le Pr Pandori, cité dans un communiqué de The Lancet Infectious Diseases.

Le 18 avril, il présente des symptômes de Covid-19 dont de la toux, des maux de tête et de gorge, de la nausée et de la diarrhée.

Ce cas, un Américain de 25 ans vivant dans le comté de Washoe, dans l'État américain du Nevada, qui ne présente aucune maladie immunitaire ou autre, a été contaminé deux fois à 48 jours d'intervalle. Il est ensuite testé négatif à deux reprises.

Et les cinq cas étaient tous différents, la deuxième infection pouvait être plus grave que la première et inversement. Une analyse génétique a montré que ces deux infections successives avaient été causées par deux souches différentes du virus. Cela pourrait venir du fait qu'il "ait été exposé à une dose de virus ("inoculum") très importante la deuxième fois, qui aurait provoqué une réaction plus aiguë". La seconde infection pourrait aussi avoir été facilitée par la présence d'anticorps due à la première (cela peut être le cas dans d'autres maladies, comme la dengue).

"C'est inquiétant", juge la Pr Akiko Iwasaki, spécialiste de l'immunité à l'université de Yale (Etats-Unis), dans un commentaire publié par The Lancet Infectious Diseases.

Au moment de sa deuxième infection, elle suivait une chimiothérapie un type rare de cancer des globules blancs, qui est traitable mais incurable. Ainsi, il peut s'agir d'une exposition à une plus grande quantité de virus, d'une souche plus virulente ou de la présence de certains anticorps facilitant l'infection, des cellules immunitaires spécifiques s'infectant par le virus.

"Les exemples d'autres coronavirus, responsables de banals rhumes mais aussi du Sras et du Mers [épidémies qui ont éclaté en 2002 puis 2012], montrent qu'il n'y a pas d'immunité à vie", a récemment souligné une experte de l'OMS. Pour cette spécialiste, "cette stratégie est non seulement mortelle pour de nombreuses personnes mais aussi inefficace".

"Le fait que des réinfections soient possibles pourrait vouloir dire qu'un vaccin ne serait pas totalement protecteur. Mais dans la mesure où le nombre de cas est minuscule, cela ne doit pas nous dissuader d'en développer", avance prudemment le professeur Brendan Wren, cité par l'organisme britannique Science Media Centre (SMC).

"Mais même en prenant en compte toutes ces inconnues, la vaccination reste notre meilleur moyen de protection (contre le Covid-19), même s'il s'avère que les vaccins ne procurent pas une immunité à vie et que des rappels sont nécessaires", souligne cette organisation internationale sur son site internet. "Il se pourrait donc qu'on ait besoin de répéter la vaccination tout le temps", poursuit-elle, en se risquant à une prédiction: ce coronavirus "restera avec nous jusqu'à la fin de l'humanité".

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