Procès d'un Algérien après son attaque au marteau de policiers devant Notre-Dame — France

Des policiers déployés devant Notre Dame après une attaque au marteau par un assaillant jihadiste le 6 juin 2017 à Paris

Des policiers déployés devant Notre Dame après une attaque au marteau par un assaillant jihadiste le 6 juin 2017 à Paris AFP Archives bertrand GUAY

Un procès qui se déroulera alors que celui concernant les attentats de Charlie Hebdo et de l'Hypercacher se poursuit et deux semaines après l'attaque, qui a fait deux blessés, devant les anciens locaux de l'hebdomadaire satirique.

Une vidéo de télésurveillance enregistrée dans l'après-midi montre des petits groupes de touristes déambulant sac au dos, sous le regard de trois policiers en uniforme. Farid Ikken a été condamné, mercredi 14 octobre, par la cour d'assises spéciale de Paris, à 28 ans de prison pour avoir attaqué, en juin 2017, un policier au marteau devant la cathédrale Notre-Dame de Paris, après avoir prêté allégeance à l'Etat islamique. En avril, un policier est tué par balle sur les Champs-Elysées, un acte revendiqué par le groupe Etat islamique (EI) que la France combat alors avec ses alliés occidentaux en Syrie et en Irak. Le policier, légèrement blessé à la tête, et un de ses collègues avaient ouvert le feu et blessé l'assaillant au thorax, avant de l'arrêter. A son domicile, dans une résidence étudiante à Cergy-Pontoise (Val-d'Oise), ils trouvent un appareil photo contenant une vidéo enregistrée la nuit précédant l'attaque sur laquelle il prête allégeance à l'Etat islamique et annonce: "C'est l'heure de la vengeance, c'est l'heure du djihad".

Côté personnalité, elle a souligné que l'accusé n'avait jamais réussi à se fixer professionnellement ni personnellement, restant un éternel étudiant précaire et de plus en plus solitaire.

Cet Algérien de 43 ans a été reconnu coupable de "tentative d'homicides volontaires avec préméditation sur des personnes dépositaires de l'autorité publique" et "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste".

A l'époque, la France participe aux bombardements contre l'EI à Mossoul, alors tenue par les jihadistes, dans une féroce bataille qui fera des milliers de victimes. Il dit avoir voulu les blesser dans un "acte de résistance politique" destiné à "attirer l'attention de l'opinion publique française sur le massacre de (ses) petits frères et sœurs à Mossoul (Irak) et en Syrie par l'armée française".

Dans son sac, les agents découvrent un ordinateur et des clés USB remplis de propagande djihadiste et deux couteaux de cuisine de 18 et 26 cm de long.

Maître Thibault de Montbrial, l'avocat d'un des policiers blessés souhaite que Farid Ikken avoue sa volonté de tuer "qui ne fait aucun doute et doit être reconnue". "C'est important pour lui que la qualification (d'homicide, ndlr) soit en adéquation avec ce qu'il a vécu", explique l'avocat à l'AFP.

Rien dans son parcours ne le laissait augurer.

Un profil atypiqueNé en Algérie dans une famille kabyle nombreuse et "peu pratiquante religieusement" selon les enquêteurs, Farid Ikken y a obtenu le baccalauréat puis une licence avant de partir en Suède en 2001, où il décroche un master de journalisme.

Il s'était ensuite inscrit à Metz, en doctorat de Sciences de l'information et de la communication en mars 2014.

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