Un accord "désirable", mais Johnson "déçu" du peu d'avancées ces dernières semaines — Brexit

Brexit montée de tension et dialogue de sourds entre Londres et Bruxelles

Le Premier ministre britannique Boris Johnson sort du 10 Downing Street le 14 octobre 2020 à Londres- Tolga AKMEN

Le Conseil européen qui s'ouvre jeudi à Bruxelles pour deux jours sera dominé par la question du Brexit alors que le premier ministre britannique Boris Johnson s'est donné jusqu'au 15 octobre pour parvenir à un accord.

Coup de fil de la dernière chance? Il y a quelques semaines, il a ensuite minimisé cette date butoir en précisant qu'un signe fort vers un accord serait suffisant pour satisfaire les Britanniques à ce stade.

Depuis que le Royaume-Uni a officiellement quitté l'UE le 31 janvier, les pourparlers entre Londres et Bruxelles pour conclure un accord de libre-échange, qui entrerait en vigueur à la fin de la période de transition s'achevant à la fin de l'année, patinent, laissant planer le risque d'un " no deal " potentiellement dévastateur pour l'économie.

L'hypothèse est d'ailleurs jugée "très crédible" et même "vraisemblable" par le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

"Le Premier ministre a demandé que les ministères se mettent en situation de répondre rapidement à toutes les questions posées par les entreprises, les territoires et les particuliers", indique Matignon dans un communiqué. "Même si elle souhaite éviter une absence d'accord, la France se prépare à tous les scénarios, en étroite concertation avec ses partenaires européens et la Commission européenne", ajoute le texte.

"Ils supposent que plus le processus sera long, plus le Royaume-Uni sera disposé à faire des compromis. Mais en réalité, toutes ces stratégies ont eu pour résultat de nous amener à la mi-octobre avec beaucoup de travail qui aurait pu être fait, mais ne l'a pas été", a-t-elle critiqué.

Lors d'une réunion mardi avec les ministres des Affaires européennes de l'UE, le négociateur européen Michel Barnier a souligné qu'en dépit de discussions plus "constructives" qu'auparavant avec Londres, les points de blocage persistaient sur la pêche, les garanties réclamées aux Britanniques en matière de concurrence - malgré de légers progrès - et la manière de régler les différends dans le futur accord.

Dans une lettre d'invitation au sommet mardi soir, le président du Conseil européen, Charles Michel, a souligné qu'un accord était "dans l'intérêt des deux parties", mais pas "à n'importe quel prix".

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