Afrique: Les Guinéens élisent leur président

Les Guinéens choisissent leur président dans un climat de tension

File d'attente devant un bureau de vote pour la présidentielle en Guinée le 18 octobre 2020 à Conakry- JOHN WESSELS

Le candidat de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) a voté ce dimanche.

Ainsi, Cellou Dalein Diallo a pointé du doigt, l'instrumentalisation ethnique dans sa campagne et déploré son inaptitude " physique et intellectuelle d'exercer".

Depuis un an, des milliers de Guinéens ont manifesté pour faire barrage à un troisième mandat d'Alpha Condé qui tire argument de l'adoption d'une nouvelle Constitution à son instigation pour se représenter.

Juste après avoir glissé son bulletin dans l'urne, le président sortant Alpha Condé a déclaré à la presse que son souhait de voir cette élection se dérouler dans la paix, la tranquillité. Près de 5,5 millions d'habitants (sur une population de 12,8 millions) vont voter parmi douze candidats à la présidence. Nous allons faire en sorte de sécuriser tous les bureaux de vote. Mais M. Diallo a décidé de participer à la présidentielle.

"De manière générale, les choses se déroulent normalement et sans incident", a dit à l'AFP le ministre de l'Intérieur, Albert Damantang Camara, en relevant "des petits problèmes avec la distanciation sociale par rapport à la Covid". Car, la Guinée ne peut pas se développer s'il n'y a pas la paix, la sécurité et l'unité nationale.

Les bureaux de vote doivent en principe rester ouverts jusqu'à 18H00 (GMT et locales).

Le principal enjeu de cette élection, c'est la reconduction d'Alpha Condé, 82 ans, pour un troisième mandat, ou l'alternance à la tête du pays.

L'un sanguin, l'autre policé, ils s'étaient affrontés en 2010, premières élections jugées démocratiques après des décennies de régimes autoritaires, puis en 2015.

Enchaînant les meetings de ville en ville, Alpha Condé, survolté, a invoqué les progrès économiques d'un pays qu'il dit avoir trouvé en ruines et dont il promet de faire "la deuxième puissance (économique) africaine après le Nigeria".

M. Diallo propose de "tourner la page cauchemardesque de 10 ans de mensonges", fustigeant répression policière, corruption, chômage des jeunes et pauvreté.

En cas de second tour, il se tiendra le 24 Novembre 2020.

Le recours aux distorsions électorales ou aux modifications constitutionnelles figure parmi les reculs de la démocratie constatés par ses défenseurs ces dernières années en Afrique de l'Ouest, autrefois jugée pionnière. Des présidentielles sont également prévues d'ici à fin 2020 au Burkina Faso, au Ghana et au Niger.

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