"On n'a pas encore pas gagné la partie" - Christian Dubé - L'Express

Pas de retour à la «normalité» à la fin octobre

COVID-19 : « Les efforts donnent des résultats », souligne Dubé

Mais si on ajoute à ces mesures une amélioration de 25 % de l'adhésion à la distanciation physique, c'est-à-dire une réduction d'un contact sur quatre, on pourrait assister non seulement à une stabilisation de la courbe, mais même à un déclin.

Les projections présentées par l'INSPQ ce matin démontrent que sans le resserrement de mesures sanitaires effectuées au début du mois d'octobre, la province frappait le mur souvent évoqué par le ministre de la Santé.

Selon les projections, l'adhésion aux mesures récentes mises en place en octobre (aucune visite dans les domiciles, fermeture des bars et des restaurants et réduction des contacts dans les écoles et dans les loisirs) aurait pour effet de ralentir l'augmentation des cas, des hospitalisations et des décès.

"Si on réduit encore de 25 % les contacts, c'est-à-dire se priver de certains contacts sociaux ou encore, quand on est en contact avec les gens, on respecte le deux mètres (...) ça empêche le virus de se propager, et on a moins d'hospitalisations et de décès", a expliqué la vice-présidente aux affaires scientifiques de l'INSPQ, la docteure Jocelyne Sauvé.

Concrètement, dans la région du Grand Montréal, le premier scénario prévoit un peu plus de dix nouveaux décès par jour en janvier, un bilan qui serait réduit pratiquement de moitié en vertu du deuxième scénario.

Tous les scénarios supposent que les CHSLD, résidences pour aînés et hôpitaux sont protégés pour éviter de nouvelles éclosions majeures après le 8 octobre. Avant la COVID-19, les Québécois avaient sept ou huit contacts essentiels.

Si rien n'avait été fait, plus de 200 nouvelles hospitalisations par jour auraient pu être enregistrées dès décembre. Avec un train de mesures imposées, on aplatit la courbe, mais on ne ramène pas complètement l'épidémie à un niveau soutenable pour la population. Si on diminue le nombre de contacts, ça va faire une différence. "Pour un impact encore plus grand, on demande un effort supplémentaire".

"Si on le savait, on n'aurait pas deux scénarios, a-t-il conclu. Ça dépend de comment on va agir et de nos comportements".

Si les études dévoilées vendredi par l'Institut national de santé publique (INSPQ) et l'Institut national d'excellence en santé et en services sociaux (INESSS) montrent que les efforts faits depuis le 1er octobre donnent des résultats, le ministre de la Santé invite les Québécois à réduire d'encore 25% leurs contacts au cours des prochaines semaines. "On sait que pour certains, c'est plus que ça". Depuis, les Québécois s'en tiennent à une moyenne de cinq ou six.

"C'est en notre pouvoir", a-t-il soutenu.

- On n'est pas sorti du bois, mais c'est gérable, commente M. Dubé. "On ne reviendra pas à la normalité du mois d'août, mais on souhaite avoir une marge de manoeuvre", indique M. Dubé. "Par contre, le succès actuel nous prouve qu'on est capable de garder ça sous contrôle".

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