Google poursuivi pour abus de position dominante aux Etats-Unis

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Google poursuivi par la justice américaine pour abus de position dominante

Le département américain de la Justice a déposé une plainte mardi contre Google pour violation des lois antitrust, affirmant que l'entreprise "maintenait illégalement des monopoles" dans les marchés de la recherche par Internet et des publicités affichées lors des recherches, a annoncé le département dans un communiqué.

Mais Google, comme ses voisins de la Silicon Valley (Apple et Facebook) et de Seattle (Amazon et Microsoft), suscitent depuis deux ans des réactions quasi allergiques chez un nombre croissant d'élus américains. "Si le gouvernement n'applique pas les lois antitrust pour permettre la concurrence, nous pourrions manquer la prochaine vague d'innovation".

Le sénateur républicain du Missouri Josh Hawley, très critique des "Big Tech", s'est réjoui des poursuites, affirmant qu'il s'agirait "du procès pour abus de position dominante le plus important en une génération". Le département de la justice américain (DoJ), suivi par onze Etats républicains, a initié hier une procédure contre le moteur de recherche pour abus de position dominante. Les deux parties ont conclu un accord en 2001. En juillet, le PDG de Google, Sundar Pichai, celui de Facebook, Mark Zuckerberg, d'Amazon, Jeff Bezos, et d'Apple, Tim Cook, ont participé virtuellement à une audition devant la sous-commission antitrust de la Chambre des représentants du Congrès américain.

La plainte déposée cette semaine cible notamment les contrats commerciaux de Google avec des partenaires extérieurs.

Côté Google, on considère que les consommateurs ont choisi son moteur de recherche de leur propre gré et qu'une intervention de la justice n'amènera que le soutien artificiel de moteurs de recherche alternatif de moindre qualité, augmentant le prix des téléphones mobiles et rendrait plus difficile l'obtention de services de recherche souhaités par les clients. La plainte indique qu'il représente 15 à 20 % des bénéfices annuels d'Apple et que près de la moitié du trafic de recherche de Google l'année dernière provenait des appareils de la firme à la pomme.

Dans le viseur du ministère de la Justice, il y a les accords signés par Google avec Apple mais aussi ceux soumis aux fabricants de smartphones pour utiliser les produits et services Google au sein d'appareils qui sont maintenant entre les mains de milliards de personnes dans le monde. "Sur les ordinateurs de bureau, cet espace est massivement contrôlé par Microsoft" justifie-t-il.

L'Europe s'est montrée moins indulgente: en 2018, le groupe synonyme d'internet a écopé d'une amende de 4,3 milliards d'euros des autorités européennes de la concurrence, pour pratiques déloyales dans l'écosystème Android. La groupe a fait appel de cette sanction financière.

Qui du gouvernement américain ou de Google va remporter le bras de fer juridique à venir?

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