Après la mort de Samuel Paty, des interrogations pour la rentrée scolaire

Samuel Paty

Jean-Francois Ricard lors de sa conférence de presse Thomas SAMSON AFP

Après l'attentat de Conflans-Sainte-Honorine, l'enquête menée ces cinq derniers jours a permis de préciser le déroulement des faits avant la décapitation du professeur Samuel Paty vendredi 16 octobre.

L'identité de ce jihadiste n'a pas été établie à ce stade, a-t-on ajouté de même source. Selon le Parisien, cette personne, localisée grâce à son adresse IP, serait basée à Idleb, dans le nord-ouest du pays.

L'assaillant avait revendiqué son geste dans un message audio en russe où il dit avoir "vengé le prophète" Mahomet, reprochant au professeur de l'avoir "montré de manière insultante". Cette vidéo fait brièvement référence en russe à l'organisation Etat islamique, selon une traduction de l'AFP.

La directrice générale de l'Unesco, Audrey Azoulay a tenu à "rendre hommage" à Samuel Paty, "assassiné en raison de l'enseignement qu'il dispensait", par une minute de silence lors d'un sommet mondial de l'Éducation qui s'est tenu en virtuel.

Quatre personnes, dont le parent d'élève et le militant islamiste, ont été mis en examen pour "complicité d'assassinat terroriste" dans le cadre de l'affaire sur l'assassinat de Samuel Paty, annonce l'AFP le jour où l'hommage national a été rendu au professeur dans la cour de la Sorbonne.

Selon l'enquête, les deux mineurs âgés de 14 et 15 ans auraient "désigné" le professeur au tueur contre une somme de 300 à 350 euros. Les deux mineurs ont été placés sous contrôle judiciaire.

Figure aussi un parent d'élève, Brahim Chnina, qui avait posté des vidéos appelant à la vindicte populaire contre l'enseignant.

"Il est aujourd'hui clair que le professeur a été nommément désigné comme une cible sur les réseaux sociaux" par le parent d'élève et Abdelhakim Sefrioui "au moyen de manœuvres et d'une réinterprétation des faits", a résumé le procureur.

"Plusieurs contacts téléphoniques et écrits" entre ce père et l'assaillant ont eu lieu avant l'agression, a-t-il dit.

Deux amis de l'assaillant ont également été inculpés; un troisième proche est lui poursuivi pour "association de malfaiteurs terroriste en vue de commettre des crimes d'atteintes aux personnes".

Selon l'avocat d'Abdelhakim Sefriou, "il y a des commanditaires qui sont derrière cet attentat et qui sont certainement ravis de voir que l'enquête se focalise sur des comparses périphériques, qui n'ont jamais voulu une telle horreur". "Il ne faut surtout pas que les professeurs baissent la tête et renoncent à faire leur travail de liberté d'expression et d'éducation ".

En Nouvelle-Calédonie, deux hommages ont été rendus mercredi à l'enseignant assassiné, lors d'une cérémonie officielle dans un collège puis à l'occasion d'un rassemblement citoyen, à l'initiative de la Ligue des droits de l'homme.

L'ouverture d'une enquête pour "complicité" signifie que le Parquet national antiterroriste (Pnat) estime que certains suspects avaient une connaissance précise de la finalité du projet terroriste de l'assaillant.

Jean-François Ricard a notamment évoqué l'attaque au hachoir perpétrée le 25 septembre devant les anciens locaux de Charlie Hebdo et "trois communications" d'Al-Qaïda et de sa branche yéménite qui appelaient au "meurtre" de ceux qui avaient été à l'origine de la rediffusion de ces dessins.

Dernières nouvelles