Iran : Téhéran juge que l'embargo de l'ONU sur ses armes a expiré

Le président iranien Hassan Rouhani

Le président iranien Hassan Rouhani

Une délégation ukrainienne a entamé lundi à Téhéran une deuxième série de discussions sur une possible compensation financière de la part de l'Iran pour l'écrasement d'un avion de ligne ukrainien abattu en janvier au-dessus de la capitale iranienne, selon les médias officiels.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré qu'un embargo de l'ONU sur les ventes d'armes conventionnelles à l'Iran a été levé le 18 octobre en vertu de l'accord nucléaire historique de 2015 entre l'Iran et les puissances mondiales.

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Le ministre iranien de la Défense, Amir Hatami, a indiqué dimanche à la télévision d'État qu'" un certain nombre de pays " ont contacté l'Iran au sujet d'un éventuel commerce d'armes, tout en affirmant que la République islamique prévoyait surtout d'en vendre.

"La République islamique d'Iran peut donc se procurer les armes et équipements nécessaires de n'importe quelle source sans aucune restriction légale et uniquement sur la base de ses besoins défensifs", ajoute le texte.

Le ministère iranien a salué ce dimanche "un jour mémorable pour la communauté internationale", ajoutant que le monde s'est tenu aux côtés de Téhéran "au mépris des efforts du régime américain ".

Par ailleurs, le ministère fustige le comportement des Etats-Unis - qui avaient plusieurs fois tenté ces derniers mois, sans réussite, de faire prolonger l'embargo par le Conseil de sécurité - et les exhorte à "abandonner leur approche destructrice vis-à-vis de la résolution 2231", rappelant que les demandes américaines avaient été "catégoriquement rejetées" à plusieurs reprises lors des derniers mois et accusant les Etats-Unis de "déstabiliser l'Asie occidentale". La Chine pourrait également vendre des armes à l'Iran.

L'embargo sur la vente d'armes à l'Iran devait commencer à expirer progressivement à partir du 18 octobre, selon les termes de la résolution de l'ONU qui consacrait l'accord nucléaire de 2015. L'administration Trump, quant à elle, a insisté sur le fait qu'elle avait de nouveau invoqué toutes les sanctions de l'ONU contre l'Iran via une clause de l'accord nucléaire dont elle s'était retirée en 2018, une affirmation ignorée par le reste du monde. Des accusations balayées par l'Iran qui réfute avoir jamais voulu disposer d'un tel arsenal.

Depuis septembre, la Russie a ainsi montré sa volonté de réactiver sa coopération en matière militaire avec Téhéran. "L'expiration de "l'embargo sur les armes" contre l'Iran le 18 octobre facilitera sans aucun doute notre interaction avec Téhéran dans ce domaine [la coopération militaire]". Après la décision américaine, l'Iran a lui décidé de s'affranchir progressivement de certaines obligations du JCPOA.

La levée de l'embargo doit permettre à l'Iran d'acheter et de vendre du matériel militaire, notamment des chars, des véhicules blindés, des avions de combat, des hélicoptères et de l'artillerie lourde.

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