L'Elysée dénonce les propos "inacceptables" d'Erdogan contre Macron

Le président turc Recep Tayyip Erdogan et son homologue français Emmanuel Macron

Le président turc Recep Tayyip Erdogan et son homologue français Emmanuel Macron

Dans son viseur notamment, les différentes mesures gouvernementales contre le "séparatisme islamiste ".

"Tout ce qu'on peut dire d'un chef d'Etat qui traite des millions de membres de communautés religieuses différentes de cette manière, c'est: allez d'abord faire des examens de santé mentale", a déclaré Recep Tayyip Erdogan, dans un discours télévisé.

L'invective dans le contexte dramatique de l'assassinat de Samuel Paty n'est pas passée: Emmanuel Macron a répliqué vertement samedi aux nouvelles attaques de son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, et a rappelé à Paris l'ambassadeur de France, un acte diplomatique rare. Il y a pratiquement un an jour pour jour, Erdogan avait déjà intimé à Emmanuel Macron de faire "examiner " sa "propre mort cérébrale ", dans le cadre d'une passe d'armes autour de l'Otan.

Un discours condamné par l'Élysée en fin d'après-midi. L'outrance et la grossièreté ne sont pas une méthode. Nous exigeons d'Erdogan qu'il change le cours de sa politique, car elle est dangereuse à tous points de vue.

Le précédent rappel à Paris d'un ambassadeur de France "en consultation", selon l'expression consacrée, remonte à février 2019, pour protester contre une rencontre entre Luigi di Maio, alors vice-premier ministre italien, et des "gilets jaunes".

"Depuis son offensive en Syrie, la France n'a cessé de dénoncer le comportement du Président Erdogan, les dernières semaines nous ont donné raison", poursuit l'Élysée.

Il a aussi prédit que M.Macron allait perdre la prochaine élection présidentielle en 2022 "parce qu'il n'a rien accompli pour la France".

Il y a deux semaines, M. Erdogan avait dénoncé comme une provocation les déclarations de son homologue français sur le "séparatisme islamiste" et la nécessité de "structurer l'islam" en France, alors que l'exécutif présentait son futur projet de loi sur ce thème.

Ce contentieux vient s'ajouter à une longue liste de désaccords entre Emmanuel Macron et son homologue turc, qui prend régulièrement la défense des minorités musulmanes dans le monde.

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