L'Assemblée vote la prorogation jusqu'au 16 février — Etat d'urgence sanitaire

Le texte voté par 71 voix contre 35 est attendu au Sénat mercredi

Le texte voté par 71 voix contre 35 est attendu au Sénat mercredi. @pixabay

L'Assemblée nationale a adopté ce samedi 24 octobre en première lecture la prolongation de l'Etat d'urgence sanitaire, qui permet au gouvernement de prendre plus de mesures face à la crise du coronavirus.

"Quand vous considérez que ce n'est rien d'autre qu'une 'grosse grippe', qui ne fait finalement que moins de 1% de mortalité, nous sommes 70 millions de Français, si nous devions atteindre une immunité collective de 60-70-80% (...) gageons que nous ayons 40 millions de victimes de ce coronavirus et qu'il n'y ait que 1% de ces 40 millions qui devaient mourir, vous l'acceptez?"

Pour disposer de "facultés d'intervention" au-delà, un régime de sortie d'urgence est programmé jusqu'au 1er avril, permettant des restrictions, mais moindres. La période comprend les élections régionales et départementales, si elles ne sont pas reportées.

À l'issue de discussions acharnées dans l'hémicycle, les députés ont voté l'extension de l'état d'urgence sanitaire en France jusqu'à mi-février.

Opposé à un "état d'exception qui banalise les atteintes aux libertés", le groupe LR a défendu en vain une motion de rejet préalable du projet de loi. L'objectif est-il "le confinement généralisé"?

La gauche de la gauche est venue en soutien, Danièle Obono (LFI) accusant le gouvernement de préférer "confiner nos libertés", après des mois de "politique de gribouille" sur les masques ou les lits disponibles. Il a demandé avec insistance aux oppositions "quelles sont (leurs) propositions". La plupart des groupes politiques soutiennent la nécessité de pouvoir agir, mais refusent de donner un "blanc-seing ". M. Véran a reconnu la difficulté des "renoncements" sur "la durée".

La séance a été émaillée de pics de tension, notamment quand Martine Wonner (Libertés et territoires) a comparé l'épidémie à "une énorme grippe" - des propos d'une "gravité totale" selon Olivier Véran. De son côté, le président de la Commission nationale consultative des droits de l'homme souligne que "le choix a été fait d'une concentration du pouvoir entre les mains de l'exécutif ".

Ainsi "l'état d'urgence distille une forme de poison démocratique", alerte Jean-Marie Burguburu.

Mercredi, c'est au tour du Sénat d'examiner le texte, qui devrait être adopté définitivement début novembre.

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