Trou d’air après des frottis forcés de passagères australiennes (vidéo) — Australie-Qatar

Des membres de l'équipage de Qatar Airways sur le tarmac avec un avion en arrière-plan

Des examens gynécologiques forcés sur des passagères après l'abandon d'un bébé dans un aéroport au Qatar

Le Qatar a présenté ses excuses après que des passagers de sexe féminin aient été forcés de descendre d'un avion pour subir une fouille à nu et un examen en raison de la découverte d'un nouveau-né dans un aéroport.

Ces femmes, dont treize Australiennes, ont été débarquées de leurs vols au départ du Qatar.

Plus tard, les autorités australiennes ont indiqué avoir appris que plusieurs autres vols étaient également concernés. Certains ont dû enlever leurs sous-vêtements et se soumettre à un examen invasif pour voir s'ils avaient récemment accouché, a déclaré une infirmière australienne au New York Times.

" Les personnes qui avaient accès à la zone spécifique de l'aéroport où le nouveau-né a été trouvé ont été invitées à aider à la requête", a déclaré l'aéroport dans un communiqué. En France, le quai d'Orsay a fait savoir qu'une Française "a fait partie des personnes concernées par l'enquête du Qatar", mais qu'elle "n'a pas fait l'objet d'un tel examen forcé".

Pour Marise Payne, la cheffe de la diplomatie australienne, la situation est "gravement troublante " et "grossière ".

Wolfand Babeck, avocat australien qui était à bord de l'un de ces avions, a expliqué à l'AFP que les passagères étaient revenues à bord "dans un état de choc".

Mme Payne a reconnu que des responsables australiens avaient été informés des faits par des passagers peu après le blocage d'un vol vers Sydney.

Portrait de Marise Payne
Qatar : après l'abandon d'un bébé dans un aéroport, des passagères forcées de subir des examens gynécologiques

Des responsables australiens ont indiqué que Canberra coopérait avec d'autres pays pour exprimer ensemble leur préoccupation quant à ces abus.

Contraint de réagir, le gouvernement du Qatar s'est fendu d'un communiqué mercredi, dans lequel il affirme regretter "la détresse ou la violation des libertés individuelles que cette action a pu causer à des voyageurs".

La décision de pratiquer des examens gynécologiques forcés avait été alors justifiée par la volonté "d'empêcher les auteurs de ce crime horrible de s'échapper".

L'enfant bénéfice actuellement de "soins médicaux" à Doha, selon les autorités. Le Premier ministre Khaled ben Khalifa Al-Thani a pour sa part assuré qu'une enquête " complète et transparente " sera menée.

Le scandale pourrait porter un coup aux efforts déployés par le Qatar pour améliorer son image avant la Coupe du monde de football en 2022.

Très riche en gaz, le Qatar s'est acheté un prestige international à coup d'investissements dans les médias, le sport ou la culture. Mais la monarchie musulmane conservatrice peine encore à convaincre les ONG qui dénoncent régulièrement des violations des droits humains.

Human Rights Watch appelle à des réformes qui protégeront les femmes: "Au Qatar et dans toute la région du Golfe, les relations sexuelles en dehors du mariage sont une infraction pénale, ce qui signifie qu'une femme enceinte non mariée, même si la grossesse est due à un viol, peut finalement faire face à une arrestation et à des poursuites".

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