La marketplace d'Amazon visée par une enquête de la Commission européenne

Boîtes d'Amazon

Amazon attaquée par l'UE pour abus de position dominante en France et Allemagne

Pour l'instant, Amazon est la seule Gafa américaine à ne pas avoir été épinglée par le gendarme européen de la concurrence.

Amazon a-t-il bénéficié des données des vendeurs indépendants hébergés sur son site?

Le géant du commerce électronique est accusé par la Commission européenne d'utiliser illégalement des données collectées auprès de vendeurs tiers pour favoriser ses propres services et produits.

Bruxelles reproche au spécialiste de la vente sur Internet d'endosser deux rôles, celui de détaillant et celui de place de marché.

Selon Margrethe Vestager, ce n'est pas la taille de l'entreprise qui est dans le collimateur de la Commission européenne mais ses pratiques commerciales, "qui semblent freiner illégalement la croissance de ses concurrents". Les fameuses données sont détaillées comme des données commerciales non publiques des vendeurs tiers.

"La Commission examinera si les critères fixés par Amazon pour sélectionner le vainqueur de la "boîte d'achat" et permettre aux vendeurs de proposer des produits aux utilisateurs Prime, dans le cadre du programme de fidélisation Prime d'Amazon, conduisent à un traitement préférentiel de l'activité de détail d'Amazon ou des vendeurs qui utilisent les services logistiques et de livraison d'Amazon ".
La Commission européenne a indiqué avoir " informé Amazon qu'elle estime, à titre préliminaire, que cette entreprise a enfreint les règles de l'UE en matière de pratiques anticoncurrentielles en faussant la concurrence sur les marchés de détail en ligne ".

Le distributeur affirme qu'il représente moins de 1% du marché mondial de la vente de détail et qu'il y a "des concurrents plus forts dans tous les pays" où il opère.

"Le commerce en ligne n'a cessé de croître en Europe, a rappelé la commissaire". Difficile de savoir ce qui ressortira de cette enquête dont le verdict est attendu pour 2021 au plus tôt, mais dans des cas similaires, les amendes infligées par Bruxelles ont atteint jusqu'à 10% du chiffre d'affaires de l'entreprise sanctionnée.

L'entreprise a annoncé un triplement de son bénéfice net à 6,3 milliards de dollars au troisième trimestre, une envolée des recettes tirées de ses articles vendus en ligne de 38 %, tandis que les ventes d'entreprises tierces utilisant sa plateforme ont augmenté de 55 %.

La Commission européenne doit par ailleurs annoncer en décembre de nouvelles législations pour mieux encadrer et rendre plus transparentes les grandes plateformes d'internet, en mettant notamment à jour sa directive e-commerce vieille de 20 ans, quand les nouveaux acteurs du numérique n'étaient pas encore nés ou faisaient leurs premiers pas.

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