L’écrivain Maurice Genevoix entre dans l’Histoire

Maurice Genevoix: la résilience au Panthéon

Entrée de Maurice Genevoix au Panthéon : Macron rend hommage au "courage français"

En raison de la crise sanitaire, la cérémonie présidée par Emmanuel Macron se déroulera en présence d'un nombre très restreint d'autorités civiles et militaires.

Des comédiens ont ensuite lu deux textes, dont un extrait de "Ceux de 14", avant l'allocution du chef de l'État.

Cet écrivain symbolise, aux yeux du président Macron, l'une de ces voix qui "ne cessent de nous exhorter à ne pas baisser la garde et à conserver intacte notre vigilance quand le pire de nouveau réapparaît". Il y est, symboliquement, accompagné du cortège de Ceux de 14, suivant le titre de son livre, témoignage d'un ancien combattant qui a vécu l'enfer des tranchées. "Pour l'éternité. Ils sont là".

Dans son oeuvre, Maurice Genevoix s'est fait le témoin de "l'Histoire de femmes et d'hommes animés du courage de ceux qui savent pourquoi ils se battent". Cela permettra d'effectuer un jeu de lumière sur la façade du monument où seront projetées des images de l'écrivain mais aussi des images de tranchée. Du courage français. Le même qui avait soulevé ceux de 1789, les Volontaires de l'an II, de toutes nos guerres.

Après un passage lundi aux Eparges, son cercueil, qui était jusque là enterré au cimetière de Passy à Paris, a passé la nuit à l'Ecole normale supérieure à Paris, dont Maurice Genevoix a été l'élève avant d'être mobilisé. "Celui-là même qui nous permit de bâtir, avec notre Europe, la paix que nous leur devions. Non pas une paix faite de lâchetés et de renoncements mais celle d'un dialogue constant, respectueux de nos histoires, nos différences, nos valeurs". Il participe à la bataille de la Marne et à la marche sur Verdun. Prix Goncourt pour son roman Raboliot (1925) et secrétaire perpétuel de l'Académie française pendant plus de quinze ans (de 1958 à 1973), ce survivant a occupé une place de premier plan dans la vie littéraire française du XXe siècle, célébrant " l'invincible espérance des hommes ". Promu lieutenant, il vit le quotidien du fantassin, la boue, le sang, les orages d'acier, toute cette "farce démente ".

Le 25 avril 1915, il est grièvement blessé sur la côte des Eparges, un village de la Meuse surmonté d'une colline stratégique qui va engloutir 12 000 hommes en quatre mois.

Invalide à 70%, privé de l'usage de sa main gauche, il est réformé. Le jeune homme commence à écrire les premières mémoires de cette terrible expérience alors que la guerre n'est pas encore finie. Son corps n'oubliera jamais la ligne de feu meusienne. En 1916, il publie " Sous Verdun ".

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