BioNTech évoque un retour à la normale dans un an

Vaccin contre la Covid-19: sera-t-il obligatoire ?

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Après l'annonce des deux entreprises pharmaceutiques Pfizer et BioNTech, cette semaine, sur le vaccin contre la Covid-19 qu'ils ont développé "avec une efficacité estimée à 90%", le défi, éthique et humanitaire, aujourd'hui, est de permettre aux pays "pauvres" d'avoir accès à ce vaccin au même titre que leurs homologues "riches".

Pendant ce temps, Pfizer encaisse déjà les bénéfices de son coup de maître: 5,6 millions de dollars d'actions vendues le 9 novembre, 100 millions de doses commandées par les États-Unis où la vaccination pourrait démarrer en décembre, un chèque de deux milliards de dollars est signé. Les pays riches se sont précipités pour pré-acheter des millions de doses, avant même que l'efficacité du vaccin ne soit confirmée.

"Si nous n'avons que le vaccin Pfizer et que tout le monde a besoin de deux doses, c'est clairement un dilemme éthique", dit Trudie Lang, directrice du Global Health Network à l'Université d'Oxford.

La semaine s'est écoulée dans un tourbillon de chiffres XXL, un fracas d'annonces, avec un pic euphorique mercredi lorsque la Russie affirme que son vaccin Spoutnik V est efficace à 92 % et qu'un autre challenger, l'Américain Moderna évoque un bilan à venir prometteur.

Anticipant la demande démesurée de tout vaccin approuvé, l'OMS a créé l'initiative Covax en avril pour assurer une distribution équitable. Il rassemble les gouvernements, les scientifiques, la société civile et le secteur privé. Pfizer n'en fait pas partie, mais a cependant "exprimé son intérêt pour un éventuel approvisionnement" de Covax, a indiqué un porte-parole du laboratoire. Mais quid des pays pauvres? "Il ne reste plus grand-chose pour tous les autres", dit-elle à l'AFP.

Certains pays comme le Japon et le Royaume-Uni font partie de Covax, il est donc probable qu'au moins certaines doses atteindront des pays moins développés grâce à leurs accords d'achat.

"Nous devons vraiment éviter que les pays riches engloutissent tous les vaccins et qu'il n'y ait pas assez de doses pour les pays les plus pauvres", plaide Benjamin Schreiber, coordinateur du vaccin COVID-19 au fonds des Nations Unies pour l'enfance UNICEF. Des chercheurs de l'université Northeastern (États-Unis) ont récemment publié une étude examinant le lien entre l'accès au vaccin et la mortalité du COVID-19.

Ils ont modélisé deux scénarios: le premier sur ce qui se passerait si les 50 pays les plus riches monopolisaient les 2 premiers milliards de doses d'un vaccin.

L'Agence européenne des médicaments a pour sa part procédé aux premières distributions de vaccins en janvier 2021.

Dans la première hypothèse, les décès de la COVID-19 seraient réduits d'un tiers (33 %) dans le monde.

Pfizer et certains gouvernements préparent un protocole de distribution depuis plusieurs mois, mais "tout cela ne se passe pas dans les pays à revenu faible ou intermédiaire", selon Rachel Silverman. Mais pour l'instant, la France s'intéresse particulier à celui de Pfizer.

Il est "plus difficile, mais pas impossible", de stocker et d'administrer en toute sécurité le vaccin anti-COVID-19 dans le sud du globe, mais cela exigerait des investissements et une formation importants, poursuit-il.

La vaccination contre Ebola ces dernières années a pratiquement éradiqué le virus, mais plusieurs études ont montré que les progrès étaient ralentis par la méfiance et la désinformation à la fois en ligne et au sein des communautés.

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