"Hold Up": plusieurs intervenants se désolidarisent, la majorité dénonce une "propagande complotiste"

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"Hold-up" : les 10 aberrations scientifiques de ce "documentaire" sur la Covid-19

Plusieurs intervenants, comme l'ancien ministre Philippe Douste-Blazy, ont pris leurs distances. Vous avez certainement dû en entendre parler sur les réseaux sociaux, sans pour autant être au courant de la teneur de ce documentaire réalisé par Pierre Barnérias (ex-journaliste pour "Envoyé spécial", "Zone interdite" et "Des racines et des ailes") et produit par Christophe Cosse (ancien producteur de "La carte aux trésors" sur France 3).

"Hold-up " est le titre d'un film conspirationniste français diffusé sur Internet à partir du 9 novembre 2020 sur la plateforme Odyssée puis sur Vimeo deux jours plus tard.

Ce film de près de 2h40, financé via des plateformes participatives, a levé plus de 200 000 euros et a généré une audience exponentielle depuis son lancement. Mis en cause pour avoir donné la parole à des intervenants suspectés de soutenir les théories complotistes sur l'actuelle crise sanitaire et sa gestion par l'exécutif, et pour avoir relayé ces théories complotistes, il s'est invité jeudi dans la sphère politique.

Parmi les premiers à réagir, l'ancien ministre et ancien secrétaire général adjoint des Nations unies, Philippe Douste-Blazy. "Hold Up" était "présenté comme un documentaire sur l'épidémie de Covid-19", s'était justifié, mercredi sur Twitter, celui qui avait défendu en avril dernier les travaux du professeur Didier Raoult. "La crise sanitaire que nous traversons est suffisamment grave pour ne pas ajouter de la confusion aux moments douloureux que nous vivons". D'autres personnalités comme Monique Pinçon-Charlot, Régis de Castelnau, Alexandra Henrion-Caude, Louis Fouché, Jean-François Toussaint, Luc Montagnier, Astrid Stuckelberger, Pascal Trotta ou encore Jean-Dominique Michel ont également participé au film tandis que les vidéastes complotistes Ema Krusi et Jean-Jacques Crèvecoeur sont crédités au générique de fin et qualifiés de "lanceurs d'alerte ". Face à la caméra, elle évoquait une "guerre des classes" dans lequel un "Holocauste" est programmé pour "éliminer la partie la plus pauvre de la planète". Il s'en prend "à une incroyable et phénoménale entreprise de manipulation globale" et aux membres du Conseil scientifique, qu'ils jugent "majoritairement proches des laboratoires pharmaceutiques". "Ce n'est pas un docu, ce n'est pas du journalisme, c'est une propagande complotiste à budget blockbuster. Honteusement cautionné par quelques politiques en errance", a dénoncé la députée LaREM Coralie Dubost sur Twitter. Selon la "marcheuse" Laetitia Avia, le film reprend "fake news sur fake news".

Le ministre des Comptes Publics Olivier Dussopt a de son côté retweeté une série de messages décryptant ce documentaire "délirant". "Attention FakeNews complotiste", met également en garde le député et ancien secrétaire d'Etat chargé du Numérique Mounir Mahjoubi (LREM), qui demande la "démission" de la députée Martine Wonner (groupe Libertés et Territoires).

"Nous recevons de multiples messages autour du film Hold-Up. Des gens qui sont dans un réel déni de réalité, dans un mouvement de conspiration et qui pensent sérieusement que tout cela a été fabriqué", a témoigné à l'AFP le président du groupe Agir Ensemble Olivier Becht, un allié de la majorité.

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