Macron dénonce le manque de soutien de ses alliés — Caricatures

Macron critique la couverture des attentats islamistes par les médias anglo-saxons

Macron sur les caricatures : la France ne "va pas changer" son droit "parce qu’il choque ailleurs"

Le chef de l'Etat a rappelé qu'il y a cinq ans, lors de l'attente de Charlie Hebdo, suite à des caricatures, "le monde entier défilait à Paris et défendait ces droits", mais cette fois-ci, la réaction à l'international était plutôt tiède.

La France a subi ces dernières semaines trois attentats jihadistes: une attaque fin septembre à l'arme blanche qui a fait deux blessés près des anciens locaux de l'hebdomadaire Charlie Hebdo, la décapitation le 16 octobre du professeur d'histoire-géographie Samuel Paty qui avait travaillé avec ses élèves sur les caricatures du prophète Mahomet publiées par Charlie Hebdo, et une attaque au couteau qui a fait trois morts fin octobre dans une basilique de Nice (sud-est).

Parallèlement, Emmanuel Macron s'est plaint auprès du quotidien américain The New York Times de la couverture par plusieurs médias de langue anglaise de ces récents attentats, les accusant de "légitimer" la violence de par leur incompréhension du contexte français.

Emmanuel Macron à Paris, le 12 novembre 2020.

Il fait référence aux appels à manifester contre la France et lui-même lancés dans plusieurs pays musulmans après ses propos défendant le droit à la caricature.

Sur un autre sujet, Emmanuel Macron, interrogé par la revue Grand Continent, estime que l'accès mondial au vaccin anti-Covid sera "un très bon test" pour un "nouveau multilatéralisme" réunissant Etats et entreprises, mais craint que certains pays ne privilégient une "diplomatie du vaccin".

"Lorsque la France avait été attaquée il y a cinq ans, toutes les nations du monde nous avaient soutenus", déclare M. Macron.

Pour Emmanuel Macron, "c'est précisément parce que la haine est interdite dans nos valeurs européennes, que la dignité de la personne humaine prévaut sur le reste, que je peux vous choquer, parce que vous pouvez me choquer en retour".

Et le président va plus loin: il affirme que certains journaux "légitiment les violences" commises par les terroristes en écrivant que le fond du problème est que la France serait raciste et islamophobe. "Nous pouvons en débattre et nous disputer parce que nous n'en viendrons jamais aux mains puisque c'est interdit et que la dignité humaine est supérieure à tout". Mais " nous sommes en train d'accepter que des dirigeants, des chefs religieux, mettent un système d'équivalence entre ce qui choque et une représentation, et la mort d'un homme et le fait terroriste - ils l'ont fait -, et que nous soyons suffisamment intimidés pour ne pas oser condamner cela", poursuit-il.

Autre accusation formulée par le chef de l'État: les médias anglo-saxons cherchent selon lui à "imposer leurs propres valeurs à une société différente ".

" Ne nous laissons pas enfermer dans le camp de ceux qui ne respecteraient pas les différences. Parce qu'elles sont en train de basculer".

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