Maia Sandu, pro-européenne, remporte la présidentielle — Moldavie

La Moldavie élit son président, la diaspora aux urnes en masse (afp)

Moldavie: élections tiraillées entre l'Europe et la Russie, plus de 90% des bulletins dépouillés

A Varnitsa (sud-est), localité située près de la ligne de contact avec la Transdniestrie, des dizaines de policiers se sont bousculés avec des supporters de Mme Sandu qui ont tenté de bloquer la route pour empêcher l'arrivée des électeurs depuis ce territoire sécessionniste, généralement pro-russes, sur fond de rumeurs d'achat de voix en faveur de M. Dodon.

Après avoir appelé la semaine dernière ses partisans à descendre dans les rues pour "protéger" sa victoire, le président sortant pro-russe Igor Dodon a fini par reconnaître sa défaite. Ce dernier était à la tête depuis quatre ans de cette ex-république soviétique à majorité roumanophone, qui balançait depuis des années entre ambitions européennes et rapprochement avec Moscou.

Les États-Unis ont dit mardi leur intention de coopérer avec la prochaine présidente moldave Maia Sandu, une ancienne première ministre pro-européenne dont l'élection marque un revers pour la Russie.

Après le dépouillement de 99,07 % des bulletins, l'ex-Première ministre pro-européenne Maia Sandu a remporté le second tour de la présidentielle, dimanche 15 novembre, en Moldavie.

Alors que les résultats complets sont attendus d'ici à lundi matin, les militants ont laissé éclater leur joie devant le QG électoral de la candidate dans le centre de la capitale, Chisinau. "Maia Sandu présidente " et " Un pays pour les jeunes", ont ainsi scandé plusieurs dizaines de ses supporters en lui offrant des fleurs.

Pour sa part, M. Dodon, 45 ans, a déclaré avoir "voté pour la paix". "Je la félicite", a-t-il ajouté.

Mme Sandu, considérée comme personne intègre et incorruptible, "va faire avancer les réformes" et pourra "défendre les intérêts nationaux en dialoguant avec la Russie", a estimé auprès de l'AFP le directeur exécutif de l'Institut de la politique européenne et des réformes à Chisinau, Iulian Groza. La Russie, confrontée cette année à des mouvements de protestation au Bélarus et au Kirghizstan qu'elle considère comme sa zone d'influence après avoir rompu depuis 2014 ses liens avec l'Ukraine, soutenait ouvertement le président Dodon. Avant son bref passage comme Première ministre, elle avait également dirigé le ministère de l'Éducation.

Amputé d'une partie de son territoire, la Transdniestrie, contrôlée par des séparatistes pro-russes, la Moldavie, pays de 3,5 millions d'habitants, figure parmi les plus pauvres d'Europe. Moscou a par ailleurs accusé Washington d'orchestrer "un scénario révolutionnaire pour la Moldavie en novembre". Jusqu'à 40% de sa population, selon les estimations, est partie à l'étranger pour échapper à la misère. "Aujourd'hui, vous avez le pouvoir de punir ceux qui vous ont volés, qui vous ont réduits à la misère et contraints de quitter votre maison", a lancé Maia Sandu dimanche après avoir voté à Chisinau, dans une allusion claire à son rival.

La Roumanie, qui a de forts liens historiques avec Chisinau, a de son côté soutenu Mme Sandu.

Mme Sandu avait créé la surprise en arrivant en tête du premier tour grâce au soutien inédit de la diaspora, soutien répété au second puisque l'opposante a obtenu plus de 92 % des suffrages chez les Moldaves de l'étranger.

L'issue du vote pourrait à nouveau être décidée par la diaspora moldave en Europe, qui, selon des médias locaux s'est à nouveau rendue massivement aux urnes formant d'énormes files d'attente dans certains bureaux de vote en Allemagne et en Italie.

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