Manifestation à Paris contre la loi "sécurité globale" : 33 interpellations

120 manifestants à Pau contre la loi de sécurité globale

Près de 120 manifestants devant la préfecture de Pau contre le projet de loi sur la sécurité globale Jean Philippe Gion

En fin de journée, l'atmosphère s'est tendue entre les protestataires et les forces de l'ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule.

"Loi liberticide!": plusieurs centaines de manifestants en colère ont noirci les rues aux alentours de l'Assemblée nationale, mardi 17 novembre. En effet, les syndicats de journalistes qui ont appelé au rassemblement au côté de la Ligue des droits de l'homme, d'Amnesty International et d'autres organisations comme Reporters sans frontières, estiment qu'elle revient de fait à interdire aux journalistes et aux citoyens de filmer les policiers en action, et empêcherait, par exemple, de documenter les violences policières. Les députés aborderont d'abord ces deux thématiques réputées plus consensuelles, mais qui n'échapperont pas aux banderilles des oppositions, les communistes rejetant en bloc "un désengagement de l'Etat sur ses missions régaliennes".

C'est le dernier versant du texte qui sera le plus périlleux avec une série de mesures sécuritaires controversées pour lesquelles la place Beauvau a tenu la plume. C'est sans doute le cas de la fameuse proposition de loi "Sécurité globale ", portée par la majorité LaREM à l'Assemblée nationale, et en particulier de son article 24, qui vise à punir "le fait de diffuser, par quelque moyen que ce soit et quel qu'en soit le support, dans le but qu'il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique, l'image du visage ou tout autre élément d'identification d'un agent de la police nationale ou de la gendarmerie nationale autre que son numéro d'identification individuel lorsqu'il agit dans le cadre d'une opération de police ". Dès hier, le Haut-Commissariat aux droits de l'homme des Nations Unies a adressé une lettre de sept pages à Emmanuel Macron, évoquant une proposition de loi qui pourrait, si elle était appliquée, "entraîner des atteintes importantes aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales ".

Face aux critiques, le chef de file des députés LREM Christophe Castaner a tenté de déminer un texte "loin des caricatures". Les échauffourées ont fait "dix blessés légers dont neuf parmi les forces de sécurité intérieure", a ajouté la PP.

Des centaines de personnes s'étaient rassemblées en milieu d'après-midi à l'appel notamment de syndicats de journalistes et associations de défense des droits de l'homme pour protester contre la proposition de loi "sécurité globale" qui empêcherait selon eux les journalistes et citoyens de filmer les forces de l'ordre durant les manifestations. Est-ce qu'un citoyen pourra filmer une intervention de police?

A gauche, LFI dénonce le risque "d'autocensure". Et selon Jean-Christophe Lagarde (UDI), "cet article est mal fichu, il est à réécrire".

L'article 24 de ce projet de loi est au centre des crispations. Des Gilets jaunes ont participé à ce rassemblement. Ces images issues de téléphones portables, dont les réseaux sociaux peuvent être les relais, ne font que rétablir un semblant de possibilité de justice, dans certaines situations qui en sont le déni. Une interprétation du texte rejetée avec vigueur par le gouvernement et les corapporteurs du texte, pour qui il s'agit seulement de "protéger ceux qui nous protègent". "Demain on ne pourra plus faire de directs, alors que l'image est là pour établir la vérité", a dénoncé Emmanuel Poupard, du Syndicat national des journalistes (SNJ). Il y a eu plusieurs interpellations.

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