"Dans le passé, on n'a pas accepté ces blocages" — Union européenne

Plan de relance de l’UE Budapest et Varsovie sous pression au sommet des 27

Hongrie et Pologne se dirigent vers un veto sur le budget de l'UE

Selon certaines enquêtes d'opinion, le parti ultraconservateur polonais Droit et Justice a reculé de 10 points ces derniers mois sur un certain nombre de sujets et redoute un effritement de sa majorité. L'état de droit manifeste la maturité des sociétés démocratiques qui l'ont entériné.

"Ce n'est pas un problème mineur".

"Le dirigeant souverainiste entrouvre cependant pour la première fois la porte, en réclamant la mise en place de " critères objectifs " et la " possibilité d'un recours juridique ", si ce mécanisme d'État de droit qu'il fustige devait entrer en vigueur.

Mardi, alors que la Slovénie ne s'était pas opposée à l'adoption du budget la veille, le Premier ministre slovène, proche de Viktor Orban, a apporté son soutien aux deux frondeurs.

Sur la même longueur d'onde, son homologue slovène Janez Jansa juge que "seule une instance judiciaire indépendante peut dire ce qu'est l'Etat de droit".

Mais cela suffira-t-il à convaincre le gouvernement ultra-conservateur à Varsovie, qui assure défendre ses valeurs dans "un conflit idéologique" avec "l'oligarchie européenne"?

Plan de relance de l’UE Budapest et Varsovie sous pression au sommet des 27
Sommet européen à Bruxelles le 15 octobre 2020 POOL AFP Archives- Kenzo Tribouillard

L'UE étudie de possibles "clarifications techniques" mais "nous regarderons, s'il le faut en dernier ressort, comment avancer sans les pays qui bloquent", a prévenu le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, Clément Beaune.

Les eurodéputés ont eux sèchement exclu toute renégociation des compromis difficilement trouvés avec eux.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a justifié le veto de son pays au plan de relance européen en estimant que l'Europe veut " faire chanter les pays qui s'opposent à l'immigration ". "Nous ne ferons aucune nouvelle concession", a sèchement affirmé le Parlement européen mercredi.

Depuis 2015, la Hongrie s'oppose à toute disposition rendant obligatoire l'accueil et la répartition des réfugiés arrivés en Grèce et en Italie, malgré la suprématie du droit communautaire, qu'elle a acceptée en intégrant l'Union européenne (UE) en 2004. Mais elle leur demande aussi de se tenir prêts à "réorienter ces politiques fiscales (.) quand les conditions épidémiologiques et économiques le permettront". Celui-ci " permettrait de conditionner le versement des fonds européens au respect d'un certain nombre de principes découlant des traités, dont l'indépendance de la justice, le refus de l'arbitraire, l'obstruction aux enquêtes pour corruption, etc. ", continue l'hebdomadaire.

Aucune solution n'est attendue jeudi: cette réunion prévue pour durer trois heures sera "l'occasion d'un échange de vues", mais "le manque de contact physique est un désavantage" et interdit les apartés décisifs, rappelle une source européenne.

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