Plusieurs milliers de personnes mobilisées en France contre la loi " sécurité globale "

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Politique : "Sécurité globale" : l'Assemblée vote la mesure controversée, avec des garde-fous

Au lendemain de l'adoption par l'Assemblée nationale en première lecture de l'article 24, plusieurs milliers de personnes sont venues pour dénoncer une loi qui selon eux entrave le droit à l'information.

" Tout le monde veut filmer la police ", " la rue elle est à nous "... Des drapeaux du PCF, d'EELV, de FO, du NPA, flottaient également parmi les manifestants, ainsi qu'une banderole d'" Extinction rébellion " et une autre de Médiapart: " La démocratie meurt dans l'obscurité ".

Mais aux alentours de 17 heures, après l'ordre de dispersion diffusé par les forces de l'ordre, la tension est toutefois peu à peu montée sur la place parisienne. Dans un climat tendu, l'Assemblée nationale a voté ce vendredi soir la mesure la plus controversée de la proposition de loi "sécurité globale" pénalisant la diffusion malveillante de l'image des forces de l'ordre, avec des garanties du gouvernement sur le "droit d'informer".

A Marseille, environ 2.500 personnes ont défilé contre cette loi mais aussi contre les violences policières et les violences faites aux femmes. La foule scande à plusieurs reprises à l'unisson "liberté, liberté, liberté".

Selon l'AFP, Gérald Darmanin recevra lundi neuf associations, syndicats ou organisations de journalistes, avec pour but "d'aborder avec eux le sujet de la place des journalistes dans le suivi des manifestations", précise l'entourage du ministre de l'Intérieur. © Radio France / B. D.Au Trocadéro, à Paris.

Vers 19H30, la place avait été quasiment entièrement évacuée par les forces de l'ordre.

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France: plusieurs milliers de personnes rassemblées contre la proposition de loi «sécurité globale»

A Lille, un millier de manifestants a protesté plus tôt derrière des pancartes "Même pas drone", "Orwell was right", "floutage de gueule". Un autre millier à Rennes, idem à Montpellier. Il y a l'article 24, et il y a le reste: le droit d'installer des caméras dans les halls d'immeuble HLM, le survol de manifestations par des drones, les caméras piétons avec reconnaissance faciale. Parmi les slogans: "baissez vos armes, nous baisserons nos téléphones". "C'est une loi faite par la police" qui "menace la liberté d'informer, de s'exprimer, de manifester", a estimé Maud, étudiante de 27 ans.

Une conférence de presse a été organisée parallèlement au siège de la Ligue des droits de l'Homme à Paris, en présence d'Amnesty International, de représentants des syndicats de journalistes et d'un responsable d'un syndicat de policiers minoritaire, la CGT-Intérieur.

"Nous sommes inquiets de la lente déliquescence de l'Etat de droit, qui semble mener à un Etat de police", a déclaré Arié Alimi, avocat et membre du bureau national de la LDH. "Evidemment qu'on pourra continuer à filmer n'importe qui et bien sûr les forces de l'ordre".

Jean-François Cullafroz, de la CFDT, s'est félicité de la mobilisation des directeurs des rédactions des principaux médias contre l'article controversé, appelant "nos patrons de presse à prendre position" lors d'une rencontre prévue mardi au ministère de l'Intérieur.

Pour rappel, cette loi est largement décriée par les défenseurs de la liberté d'informer, du fait de l'article 24, entres autres, qui prévoit jusqu'à 1 an d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende en cas de diffusion d'images de policiers, si lesdites images portent atteinte à son intégrité physique ou psychique.

Les syndicats de journalistes jugent qu'il n'y a pas besoin d'une nouvelle loi "pour faire peur", alors que le code pénal et la loi sur la liberté de la presse de 1881 punissent déjà les infractions d'incitation à la haine.

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