Burkina Faso | Des milliers d'électeurs privés de vote sous la menace djihadiste

6,5 millions d'électeurs appelés aux urnes

Légende image Elections 2020 au Burkina

Pays sahélien, le Burkina Faso vit ses heures les plus sombres depuis l'indépendance de cette ancienne colonie française en 1960, s'enfonçant depuis cinq ans dans une spirale de violences jihadistes et intercommunautaires, associée à une répression souvent violente des forces de sécurité.

Quelque 6,5 millions d'électeurs sont appelés aux urnes pour ce double scrutin, cependant à cause de zones en proie aux attaques djihadistes dans le Nord et l'Est, près d'un cinquième de la population ne pourra pas voter.

Politiquement, cette présidentielle paraît la plus ouverte de l'histoire du pays.

Lors du vote, " des individus ont interdit aux populations de prendre part au vote", avait dit M. Barry plus tôt dimanche.

Dans les zones touchées par les exactions jihadistes, les autorités affirment que des forces de sécurité ont été déployées pour sécuriser le scrutin, mais aucun chiffre ou détail n'a été donné. Il est opposé à 12 adversaires, dont Zéphirin Diabré, chef de file de l'opposition, et Eddie Komboïgo, candidat du parti de l'ex-président Blaise Compaoré, dont le régime tombé il y a six ans fait l'objet d'une nostalgie croissante.

Début novembre, la Cour constitutionnelle avait constaté que l'élection ne pourrait se tenir sur 17,7% du territoire, faute d'une présence de l'Etat, administrative et sécuritaire, suffisante.

6,5 millions d'électeurs appelés aux urnes
Légende image Elections 2020 au Burkina

Journée électorale dimanche 22 novembre.

A Arbinda, dans le nord où 42 personnes avaient été tuées en décembre 2019, "en temps normal, on a cent bureaux de vote mais on a pu (en) ouvrir 25" seulement, a déclaré Ahmed Barry à la presse.

En 2015, le parti "avait réussi cet exploit (d'une victoire au premier tour) mais c'était surtout grâce à son faiseur de roi", le défunt président du parti présidentiel Salif Diallo, réputé stratège politique, décédé en 2017, dit-il.

Dimanche matin, après avoir voté dans son quartier de Ouagadougou, il a réagi à ces accusations de fraude: " les polémiques, c'est pour un autre jour ".

Les attaques des djihadistes, parfois entremêlées de conflits intercommunautaires, ont fait au moins 1 200 morts depuis 2015 et plus d'un million de déplacés, soit un habitant sur vingt, selon des statistiques fournies par nos confrères de Radio France Internationale (RFI).

Des milices villageoises ont été créées par les autorités début 2020, avalisées par toute la classe politique, et déployées dans un flou généralisé. Aujourd'hui, ce que je voudrai simplement dire, c'est que je suis venu voter, un acte citoyen et j'appelle tous les Burkinabè, quelles que soient leurs tendances, à ne pas faire preuve de paresse parce qu'il s'agit de la démocratie du Burkina Faso, il s'agit du développement du Burkina Faso et il s'agit également de la paix dans notre pays. Leur ancrage local fait que leur nombre réel reste inconnu - plusieurs milliers, selon les estimations -, mais elles devraient jouer un rôle dans la sécurisation du scrutin dans les campagnes, selon certains.

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